«Ce sont les partis qui parlent de corruption qui la pratiquent.» Amara Benyounès, secrétaire général de l'UDR, s'est ainsi exprimé, pour la première fois, sur les réformes politiques en cours, alors que son parti n'a toujours pas d'agrément. Benyounès, qui s'est exprimé hier matin à Alger lors d'une rencontre de ses militants du centre du pays, a plaidé pour «un financement public des partis politiques pour
empêcher la corruption et ''chkara''». Il en veut pour preuve le nombre de sièges «en réalité propriété de l'Etat» dont parlent les partis de l'Alliance présidentielle. «Nous partons aux élections à des chances inégales», a-t-il indiqué. Il a par contre avoué ne pas savoir quelle attitude prendre devant la décision du ministère de l'Intérieur. «Nous ne savons pas si nous devons organiser un congrès extraordinaire ou un congrès constitutif. Une chose est sûre : vous devez vous préparer à un congrès qui se tiendra vers la deuxième quinzaine du mois de janvier», a-t-il dit à l'adresse de ses militants. Mais l'homme semble être confiant. «Nous allons avoir l'agrément», a-t-il dit.Au sujet de la participation des femmes dans les assemblées élues, Amara Benyounès estime que «le plus grand handicap qui freine la femme aujourd'hui est le code de la famille». «Sinon, nous disons au président Bouteflika qu'il est plus judicieux de commencer à appliquer les quotas dans le gouvernement et les postes de responsabilités», a-t-il recommandé.L'UDR est hostile à l'élection d'une assemblée constituante. «Une assemblée constituante est synonyme de l'élaboration d'une Constitution rétrograde», a-t-il estimé. «Or, nous ne voulons pas d'un deuxième accident démocratique», a-t-il fait valoir en référence à l'arrête du processus électoral de janvier 1992.
«Je pense sincèrement que le président Bouteflika va soumettre une Constitution républicaine au référendum», a-t-il prédit. Le secrétaire général de l'UDR plaide contre «une amnistie générale». «Nous appelons Maître Ksentini à oublier cette histoire d'Amnistie générale», a-t-il dit, tout en estimant que «les terroristes ont bénéficié de tout jusqu'à présent». «Ils ont blanchi l'argent des maquis, et cela leur suffit largement», a-t-il rappelé. Par contre, «nous avons oublié les familles des victimes de terrorisme», a-t-il fait remarquer. «Il est temps d'instituer une journée commémorative pour les victimes du terrorisme», a-t-il plaidé.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Boukhlef
Source : www.latribune-online.com