L'Algérie est confrontée à plusieurs défis sociaux de plus en plus accentués et qu'elle se doit de relever, la question du choix libre étant posée.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - La paupérisation s'est fortement accélérée en Algérie selon le professeur Abdelhak Mekki, intervenant hier lors d'un débat organisé par le quotidien francophone DK News. Une évidence, diront d'aucuns mais cependant source d'inquiétude au regard des statistiques données concernant l'augmentation de la pauvreté, l'emploi des enfants, la transition démographique et épidémiologique actuelle. Certes, des défis ont été relevés en matière d'éducation, santé et développement humain et socio-économique, des politiques sociales et d'importants instruments et moyens financiers ont été déployés (au titre des transferts sociaux notamment), notent plusieurs participants à ce débat. Néanmoins, cette dynamique reste en deçà des objectifs escomptés, constate l'ancien ministre de la Solidarité et membre du mouvement associatif, Mme Saïda Benhabyles, outre le problème de l'efficacité et de soutenabilité à terme de la dépense publique qui se pose selon une experte du Conseil national économique et social (Cnes), Mme Ledjkoun, ainsi que de la problématique de la répartition déséquilibrée et inéquitable de la richesse au niveau des territoires. Mais également dans le contexte où de nouvelles exigences sociales s'imposent selon cette experte du Cnes. Vu que la pauvreté s'accentue et que les maladies non transmissibles (diabètes, cancers, maladies cardiovasculaires, troubles neurologiques dont les maladies d'Alzheimer et de Parkinson...) prennent le pas sur les maladies transmissibles et doivent constituer une priorité, note le directeur général de l'Institut national de la santé publique (INSP), le Dr M.K Kellou. Et dans la mesure où la mortalité infantile perdure, la mortalité néonatale (moins de 1 mois) peine à être enrayée selon le Dr Kellou. Outre le fait que la déperdition scolaire notamment des garçons s'accroît et la population algérienne compte de plus en plus de personnes âgées et dont la prise en charge fait défaut, selon les données présentées par un autre expert du Cnes, Omar Benbella. De même que l'on observe l'emploi abusif des enfants dans les secteurs économiques informels mais aussi formels, selon les statistiques avancées par le professeur Mekki qui relève la responsabilité importante des parents et l'inanité de la démarche adoptée en matière de lutte contre la mendicité. Comme cet universitaire déplore la prédominance de l'économie informelle, l'absence d'une bonne valorisation des budgets ministériels ainsi que le manque de fiabilité du système national de l'information statistique. Or, et au-delà du constat et de la rhétorique récurrente sur les acquis réalisés durant les 50 dernières années, c'est la capacité de l'Algérie à pouvoir et savoir relever ces défis sociaux de plus en plus graves et accentués et à construire une «société civilisée » qui suscite questionnement. Et à ce propos, le politologue Abdelhak Mekki relève que la question du choix social est «fondamentale» dans la mesure où les citoyens doivent choisir entre diverses alternatives notamment partisanes, sans céder à la tendance dominante dans la psychologie sociale actuelle à «toujours trouver des justificatifs». C'est justement la question du choix libre et démocratique, formulé de manière réfléchie, le respect des libertés individuelles et collectives, l'implication effective de la société civile, le développement de la culture du travail, la préservation des acquis ainsi que la mise en œuvre de politiques sociales et de santé qui conditionnent ce challenge.
C. B.
Quelques statistiques sociales présentées lors des débats
- Des entreprises algériennes emploient 300 000 enfants. Voire, plus d'un million d'enfants travaillent en Algérie.
- 20 000 enfants vivent dans la rue.
- L'Algérie compterait entre 10 et 15 millions de pauvres (selon le Pnud et les services de sécurité) et sur la base d'un revenu per capita inférieur à 1,25 dollar (en parité de pouvoir d'achat), le taux de pauvreté absolue représente entre 2 à 3% de la population .
- 3 millions d'Algériens ne sont pas imposés au titre de l'IRG, avec un revenu inférieur à 10 000 dinars.
- 146 communes vivent une situation d'extrême pauvreté.
- Les transferts sociaux représentent entre 10 et 13% de la richesse nationale.
- Répartition des transferts sociaux par habitant : 2 654 dinars per capita.
- En 2011, 17 milliards de dollars ont été consentis (éducation, santé, soutien des prix, lutte contre les disparités territoriales...).
- Espérance de vie en Algérie : jusqu'à 76 ans (73 ans selon les estimations du Pnud).
- Mortalité infantile : 21 000 enfants décèdent chaque année (taux national : 23,1%).
- Scolarisation : le nombre de garçons dépasse le nombre de filles dans le cycle primaire. Le contraire dans les cycles moyen, secondaire et à l'université.
- 930 000 naissances enregistrées par an. En 2015, l'on prévoit 1 million de naissances par an.
- Les personnes âgées de plus de 60 ans représentent déjà 7,7% de la population (15% de la population).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com