La facture alimentaire risque de doubler en 2010
La flambée des prix des produits de large consommation se répercute aussi bien sur les sociétés des pays développés que sur celles des autres dont l’Algérie.
C’est la conséquence d’une crise mondiale dont l’issue n’est pas pour demain. Une situation qui a exigé du gouvernement de prendre des mesures de soutien aux prix du lait, de la farine, de l’orge pour le bétail, etc. Politique qui se poursuivra, selon le ministre du Commerce, Hachemi Djaaboub, qui s’exprimait à ce sujet jeudi passé au Conseil de la nation. Mais cette politique de soutien aux prix ne s’accompagne pas de mesures pour appuyer une production nationale quand celles déjà mises en place n’ont rien donné. Ainsi, la facture alimentaire, qui était de 5 milliards de dollars en 2007, risque d’augmenter cette année selon les observateurs.
Selon le président du forum des chefs d’entreprises (FCE), Réda Hamiani, qui s’exprimait sur les ondes de la radio algérienne, «la facture alimentaire de l’Algérie pourrait doubler en 2010, pour dépasser les 9 milliards de dollars». Selon M. Hamiani, l’Etat a «toujours privilégié l’industrie alors que l’agriculture a été le parent pauvre depuis des décennies». Et de préciser que le gouvernement a consacré un plan spécial pour le développement de l’agriculture (PNDRA) mais, selon lui, «il reste encore insuffisant, n’ayant pas donné les fruits escomptés».
Pour le patron du FCE, la crise mondiale a également ses répercussions sur les politiques de développement mises en place par les gouvernements. Et là, la crise risque encore de coûter plus cher car, pour M. Hamiani, «il serait illusoire que l’Algérie atteigne l’objectif de l’autosuffisance». Et pour cause, «le volume des terres arables reste insuffisant et la désertification gagne du terrain, cela en plus du vandalisme que subissent les terres fertiles». A ce jour, selon le ministre de l’Agriculture, 3 millions d’hectares ont été récupérés et il ne reste que 4 millions d’hectares. Dans ce contexte, les efforts de les récupérer se poursuivent.
Reste que pour la politique des prix, l’Etat est, de l’avis de tous, «absent en tant qu’agent régulateur». Pour M. Hamiani, l’Etat doit organiser surtout le circuit de la distribution. Les autorités publiques sont également interpellées sur leur soutien à la production nationale, et le FCE estime que l’Etat doit booster cette production. A commencer par la mise à niveau des PME publiques et privées.
Tahar A.O.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com