
«Quand on a côtoyé des monuments de la caricature comme Plantu, par exemple, on se dit qu'il faut rester humble!»Le «Chevalier des Arts et des Lettres» son dernier sacrement en octobre 2010, Ali Dilem, le bien connu caricaturiste algérien du journal Liberté, se trouve propulsé dans la liste des «100 héros» de la presse publiée pour la première fois par Reporters sans frontières.«Ali Dilem ne le sait que trop bien. En Algérie, il ne fait pas bon être caricaturiste, écrit RSF dans un portrait lui étant consacré. Mais malgré les procès en diffamation (une cinquantaine) et les menaces nombreuses, Dilem n'a jamais renoncé ni (dé)posé son crayon. Ses dessins ont été récompensés d'une vingtaine de prix internationaux dont le Trophée de la liberté de la presse décerné par le Club de la Presse du Limousin et Reporters sans frontières en 2005. Il a été, entre autres, lauréat du Prix international du dessin de presse en 2001. Grand Prix de l'Humour vache au 26ème Salon international du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel en 2007. À l'occasion de la Journée mondiale de la presse 2014, célébrée aujourd'hui 3 mai, l'Organisation non gouvernementale (ONG) de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) a publié pour la première fois une liste nominative des «100 héros de l'information» parmi lesquels Dilem a sa place. «Dotés d'un courage exemplaire, ces «100 héros» contribuent, par leur travail ou leur combat, à promouvoir la liberté prévue par l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme» écrit sobrement RSF. L'article précise que cette «liberté» est celle de «chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit». Les «100 héros» mettent ainsi leur idéal au service du bien commun». À ce titre, «ils ont valeur d'exemple» écrit Reporter sans frontières dans l'article présentant un portrait de Dilem. La presse n'a pas manqué de rapporter que presque chaque semaine, il doit se présenter au tribunal et attendre de 8 heures du matin à 17 heures en compagnie de toutes sortes de délinquants et de présumés criminels, avant de passer devant le juge. Une offense pour ce battant qui comptabilise pas moins de 10.000 dessins en vingt ans de carrière, presque la moitié de la vie de ce quinquagénaire qui est né en 1967 à Alger (El Harrach). Son travail l'a aussi mené via des expositions organisées sous l'égide des Nations unies pour la Journée des droits de l'homme, des droits de l'enfant ou des organisations non gouvernementales. Son humilité est exemplaire comme il s'est plu à dire: «Quand on a côtoyé des monuments de la caricature comme Plantu, par exemple, on se dit qu'il faut rester humble!»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim AMARNI
Source : www.lexpressiondz.com