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Ali Bey Boudoukha unanimement salué au lendemain de ses funérailles



Ali Bey Boudoukha unanimement salué au lendemain de ses funérailles
Le journaliste Ali Bey Boudoukha co-fondateur de maghrebemergent.info a été enterré samedi après midi à Zeralda sous un soleil radieux. La presse de ce dimanche rappelle selon l'oraison de Fodil Boumala que la disparition de notre confrère est une « perte pour la profession, pour les libertés et pour l'Algérie ». Plus d'un millier de personnes ont tenu à en témoigner. De l'émotion, de la gratitude et un grand respect pour un homme libre.
Plusieurs titres de la presse algérienne ont rendu, ce dimanche au lendemain de ses funérailles, hommage unanime à Ali Bey Boudoukha, décédé mercredi dernier à Paris des suites d'un cancer. « Emotion », « Grand rassemblement de gens de bonne volonté », « Tristesse », « gratitude », reviennent parmi les commentaires et les comptes rendus de presse. « Ali Boudoukha a été enterré dans la dignité », a titré le quotidien La Tribune. Le regretté BAB « s'en est allé probablement avec plusieurs projets en tête. Mais certainement avec le sentiment du devoir accompli », a écrit le reporter de la Tribune. « Un grand homme s'en va », a titré, quant à lui, Le Soir d'Algérie qui écrit : « Rigueur professionnelle, indépendance et courage citoyen inhumé hier ». La disparition de Ali Boudoukha, rapporte El Watan, est « Un moment extrêmement dur pour sa famille, pour la presse, sa deuxième famille, mais également pour cette Algérie qu'il voulait libre et digne et pour laquelle il s'est battu ardemment pendant quarante année de vie de journaliste. La chaine III de la radio algérienne a évoqué, dans un hommage signé Zine Ben Badis, témoin de cette époque des « grands espoirs » des années 70, le journaliste et l'homme. La voix tonitruante de Mourad Hadji (Ali Boudoukha) était un marqueur de cette grande période radiophonique. Radio France internationale n'a pas manqué de rendre un vibrant hommage au défunt qui était son correspondant en Algérie sous le pseudo d'Amar Ben Salem. « Grand, calme, Amar Ben Salem avait une allure quasi seigneuriale. Une veste posée nonchalamment sur les épaules, comme une cape, un fume-cigarette au bout des doigts, la voix chaude et surtout un sourire éclatant avec une pointe d'ironie. Celle de ceux qui en ont vu d'autres mais qui, par pudeur et orgueil, cache un vrai courage », lit-on sur le site de RFI. La radio a mis en ligne, en guise d'hommage plusieurs sonores de Ali Boudoukha, le journaliste à la voix puissante et affectueuse.
« Le moins que l'on pouvait lui rendre' »
Notre confrère Ali Bey Boudoukha a été inhumé, hier samedi au cimetière de Zeralda à Alger. Au moins mille personnes étaient présentes au cimetière Sid El Habib de Zeralda en bordure de la belle forêt des planteurs. Journalistes, militants des droits de l'homme, politiques et officiels ont exprimé sous un éclatant soleil d'automne, leur souvenir ému. Pour un homme qu'ils ont bien connu ou qu'ils ont croisé, un jour. Dans la procession dense, on pouvait reconnaitre des figures de l'opposition politique en Algérie et de la vie publique : l'ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, Mustapha Bouchachi, le président de la LADDH, Karim Tabou, premier secrétaire du FFS, l'ancien ministre de l'agriculture Rachid Mesli ou encore le ministre de la Communication, Nacer Mehal, et le DG de l'ENT V Abdelkader Eulmi. Il y avait aussi tout ces jeunes qui se disaient redevables d'un apprentissage ou d'une prise de conscience à Ali Boudoukha. « Je l'ai côtoyé à un moment dur pour l'Algérie et j'ai appris beaucoup de choses avec Ali, mon grand frère. Il m'a aidé à comprendre et je lui en serais toujours reconnaissant » déclare Abderrezak Zemmouri, militant des droits de l'homme. Il se souvient ému que Ali Bey Boudoukha avait été, au siège de Libre Algérie, à l'origine de la première rencontre entre les familles de victimes du terrorisme et les familles de victimes de disparition forcées. Ils étaient, là, parmi cette grande foule qui est venue lui rendre hommage. Ils faisaient partie de ces algériens humbles et aspirants à la dignité que le journaliste-militant a côtoyé, aimé et défendu sa vie durant. Dans une poignante oraison funèbre, Fodil Boumala, compagnon des luttes démocratiques, le souligne : « cet homme était toujours du côté des pauvres et des démunis ! ». Cela s'est vu jusqu'au dernier moment, au c'ur de cette clairière de Sidi Lahbib qui le saluait sous un soleil radieux. Les yeux embués, un de ses amis, a dit : « Ali a eu un très bel enterrement ! C'est le moins que l'on pouvait lui rendre ».
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