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ALI BENFLIS, PRÉSIDENT DU PARTI DES AVANT-GARDES DES LIBERTÉS



ALI BENFLIS, PRÉSIDENT DU PARTI DES AVANT-GARDES DES LIBERTÉS
Ali Benflis signe et persiste en s'en tenant à son constat de vacance du pouvoir que les élections présidentielles d'avril 2014 n'ont fait, selon lui, que «reconduire», mettant le pays dans une «impasse politique gravissime».M. Kebci - Alger (Le Soir) - Une vacance du pouvoir ainsi prolongée dont la «facture politique, économique et sociale sera lourde», considérait-il, hier mardi, dans un entretien à notre confrère Liberté. Pour le président du parti des Avant-gardes des libertés, les «symptèmes» de cette vacance du pouvoir sont béants avec, explique-t-il, «un centre de la décision nationale occupé par des forces extra-constitutionnelles qui s'effrite sous nos yeux, un effondrement économique que rien ne semble pouvoir arrêter». Pire, Benflis prévoit une «instabilité sociale» puisque «ses ingrédients sont réunis et tous les signes avant-coureurs sont déjà là ». Un sort «inévitable» en ce sens que l'ère des miracles est révolue tant «il arrive toujours un moment où même les miracles ne suffisent plus ou cessent de se reproduire», assène-t-il à ceux qui avancent que «l'Algérie est le pays des miracles».Le double candidat aux présidentielles de 2004 et de 2014 considère, à propos de la succession qui ferait rage en haut-lieu, que «l'ère des élections arrangées est révolue». «Nous avons vu où les élections arrangées ont conduit le pays et ce qu'elles lui ont coûté en termes d'arriération politique, d'archaà'sme économique et de dévitalisation sociale», explique-t-il, estimant que l'avenir du pays réside dans «la modernisation politique, économique et sociale» et «pas dans la reproduction des schémas éculés bâtis en dehors du choix des citoyens et de la volonté du peuple souverain». Ceci non sans affirmer «ne pas ignorer» les «très gros intérêts liés à la pérennité du système politique actuel en dépit de tous les grands torts qu'il a causés au pays. D'où le fait que «certains travaillent à ce que tout change pour que rien ne change», explicite-t-il encore. Cette modernisation qui doit, entre autres, «bannir le fléau de la fraude électorale», l'ex-chef de gouvernement avoue ne pas trop se faire d'illusions quant à une probable «rédemption» du pouvoir à travers la constitutionnalisation d'une haute instance indépendante de surveillance des élections. Car, estime-t-il, «la fraude est consubstantielle au système politique qui sévit dans notre pays. Ce système politique et le système de la fraude sont deux siamois inséparables ; l'un ne peut survivre à la disparition de l'autre».Pour Benflis, cette instance n'est ni l'un ni l'autre. Elle n'est pas haute parce qu'il y a plus haut qu'elle, un Conseil constitutionnel sans libre arbitre et sans marge de manœuvre ; et elle n'est pas indépendante tant est forte l'emprise de l'institution présidentielle sur la nomination de ses membres et en particulier de son président». Ceci en sus des prérogatives de cette autorité se limitant à la surveillance des élections alors que, fait-il remarquer, «c'est à travers la préparation et l'organisation des élections que la logistique de la fraude se met en place».A propos de l'opposition dont il fait partie et que d'aucuns estiment qu'elle manque d'entrain et de feuille de route claire, et qu'elle est en «état léthargique», le président du parti des Avant-gardes des libertés considère que celle-ci «ne fait que ce quelle peut et pas ce qu'elle veut». Et d'ajouter que «l'opposition nationale ne cherche pas l'absolution à moindres frais de ses faiblesses ou de ses manquements».Pour Benflis, «l'alternative démocratique pour laquelle nous nous battons est notre nouveau devoir patriotique qui sera le combat de tous ou ne sera pas» car constituant une affaire «trop grande et trop importante pour être l'affaire des seuls professionnels de la politique, en l'occurrence le pouvoir et l'opposition avec le reste de la société occupé à compter les points et à attendre de voir le vaincu et le vainqueur». C'est une «entreprise nationale et tout ce que la Nation compte comme forces vives devra s'y sentir partie prenante».
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