
Si actuellement, selon une étude du cabinet d'assurance-crédit, Euler-Hermes, les champions de l'économie numérique en Afrique sont la Côte d'Ivoire, l'Ethiopie et le Kenya, l'Algérie n'en demeure pas moins un pays à fort potentiel. Et l'opérateur public Algérie Télécom (AT) semble miser gros sur créneau. Quand on sait que le rapport du Fonds monétaire international (FMI) prévoit pour 2017 une croissance de 4% en Afrique subsaharienne, là où on attend 1,9% en Europe et 2,6% aux Etats-Unis, l'Afrique subsaharienne est une sorte de nouvel eldorado pour l'investissement numérique. AT souhaite ardemment exporter la technologie et le savoir-faire algérien en la matière et la stratégie mise en place depuis quelques mois commence à porter ses fruits.Ainsi, selon des sources sûres, Algérie Télécom, via sa filiale satellitaire (ATS), s'est déployée au Mali, en mettant en place quatre stations Vsat (internet par satellite), basées dans la capitale malienne, Bamako. D'ailleurs, des ingénieurs de l'ATS de Lakhdaria (ouest de Bouira) sont actuellement sur place afin de superviser le déploiement de cette technologie. Nos sources affirment que les essais techniques, effectués ces derniers jours, ont été concluants et que les partenaires maliens ont fait part de leur "entière satisfaction" quant à la qualité de service proposée par l'opérateur public algérien. Cette technologie permettra à nos voisins maliens d'avoir accès notamment à certains services de valeur ajoutée, tels que la visioconférence, l'enseignement à distance et la diffusion des données multimédia, et ce, grâce à un débit constant et une vitesse de transmission de 20Mb/s en voie descendante. Ces services sont directement fournis par le Téléport de Lakhdaria, lequel est considéré comme un fleuron de la technologie satellitaire du pays.C'est un n?ud via lequel n'importe quelle station du territoire national peut être connectée au monde entier. Son emplacement géographique lui permet de desservir une zone très étendue allant de l'Asie aux Amériques. Qui dit partenariat technologique dit forcément un gros contrat à la clé. Même si nos sources se sont refusé de communiquer le moindre chiffre, certaines indiscrétions font état d'un montant qui avoisinerait les 20 millions de dollars. Néanmoins, selon nos informations, le gouvernement algérien, précisément la ministre de la Poste, des Technologies de l'information et de la communication (Mptic), Mme Houda Imane Faraoun, a profité de la Conférence africaine sur la gouvernance de l'internet, organisée le 13 février dernier à Alger, pour finaliser le contrat. Et ce contrat, selon toujours des sources crédibles, a été signé le 22 février en présence de la ministre et de son homologue malien, Mountaga Tall. Algérie Télécom devient, ainsi, un sérieux concurrent de l'opérateur belge, GlobalTT, qui est déjà implanté au Mali. "L'Afrique, c'est notre continent, c'est la proximité géographique (...) C'est à nous de prendre les devants et d'aller investir en Afrique", avait indiqué la ministre, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale. Un challenge qui est désormais relevé.La jeune ministre a fait un véritable forcing afin de convaincre les autorités maliennes à faire confiance aux compétences algériennes dans le domaine. Depuis décembre 2016, l'ATS de Lakhdaria a fait l'objet d'au moins quatre visites de la Mptic, dans le but de baliser le terrain. Elle a joué parfaitement son rôle de "commercial", en déroulant tout le savoir-faire et les compétences algériennes. Algérie Télécom, va-t-elle s'arrêter en si bon chemin ' Assurément pas à en croire la ministre, qui a également souligné que des appels d'offres seront lancés pour la mise en place de mécanismes permettant le déploiement de centaines de kilomètres de fibre optique dans les pays voisins, tels que le Niger, le Tchad et le Mali et, pourquoi pas, ailleurs.RAMDANE BOURAHLA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Bourahla
Source : www.liberte-algerie.com