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Algérie - Res'art, le réseau des femmes artisanes devenues chefs d'entreprise



Algérie - Res'art, le réseau des femmes artisanes devenues chefs d'entreprise
Fondé en 2003 par l'Association Nationale Algérienne des Femmes en Communication, Res'Art est un réseau de femmes artisanes d'art (*). Son but est de soutenir ces femmes afin de leur permettre de travailler sur un réseau souple à travers toute l'Algérie.« L'artisanat se transmettait traditionnellement de mère en fille. Mais il a été mis à mal avec le terrorisme des années 90 et les changements sociologiques, tel que la scolarisation des jeunes filles », explique Maya Azeggagh, coordinatrice du projet Res'art et co-fondatrice de l'association. « Le réseau veut être une force de solidarité économique, afin que l'artisanat féminin ne s'efface pas en Algérie. »
Un commerce équitable
Res'art a permis aux artisanes, souvent victimes de commerçants peu scrupuleux qui leur prenaient la majeure partie de leur recette, de se réunir afin de commercialiser leur produit de manière équitable. Elles suivent la Charte Res'art, instituée en 2008, grâce à laquelle elles travaillent légalement et obtiennent une carte d'artisane dès les premières ventes réalisées. Ainsi, elles bénéficient d'une protection sociale en cas de divorce, de veuvage ou de répudiation. La Charte a aussi introduit des règles de conduite: par exemple, le travail des enfants est prohibé.
Les artisanes exposent leur production dans un magasin à Alger, au premier étage d'un centre commercial de l'avenue Victor Hugo. Dix d'entre elles se cotisent pour la location à l'année, dont la moitié est prise en charge par Res'art. Celles qui ne peuvent pas participer financièrement à la location exposent de manière plus ponctuelle.
Le magasin fourmille d'objets et de vêtements qui représentent les traditions artistiques de tout le pays, tout fait à la main. Sont exposées des tenues pour grandes occasions, telles que des mariages, qui peuvent coûter jusqu'à 35.000 DA. « Ces robes ont nécessité en général 180 heures de travail à la créatrice, c'est-à-dire 12 heures par jour sur trois semaines », précise Maya Azeggagh. D'autres produits au prix plus abordable sont proposés, comme des petits colliers ou des pots qui commencent à 100DA.
Les femmes voyagent aussi pour exposer leurs produits lors d'expositions en Algérie ou à l'international (France, Italie, Burkina Faso, Niger, Maroc). Leur savoir-faire a été reconnu au niveau national, avec la sélection de huit d'entre elles par le Ministère de la Culture pour participer au festival de la création féminine sur Alger. Deux d'entre elles ont remporté un premier prix, en broderie et en bijouterie.
Des formations sur le long-terme
En plus de leur fournir un lieu de vente, Res'art cherche à améliorer le travail des femmes, leur gestion de l'entreprenariat ainsi que leur vision de l'artisanat. « Depuis 2008, nous avons formé individuellement et sans discontinuer 40 femmes, sans compter toutes les autres qui ont participé à des formations plus ponctuelles. Nous avons touché ainsi 400 artisanes et une cinquantaine d'associations au total», explique Maya Azeggagh. « Certaines des femmes que nous avons suivi depuis 2008 sont des chefs d'entreprise aujourd'hui », précise-t-elle. « Il y en a même qui sont devenus présidentes d'APC ! ».
Res'art sillonne aussi le pays afin de sensibiliser les femmes artisanes à leurs droits, en participant à des Caravanes chapeautées par Femmes en communication qui réunissent de nombreuses associations. C'est ainsi que Res'art a inspiré une autre initiative similaire à Tamanrasset : l'association culturelle de la promotion de la jeunesse Tadoukel. Enfin, Res'art a ouvert cet été la première boutique en ligne du réseau L'association tient aussi un blog et une page Facebook.
(*) Maghreb Emergent publie une série de portraits des participants au Festival Algérie en mouvement, qui aura lieu du 12 au 16 novembre prochain en France, à Paris, Montreuil, Nanterre et Aubervilliers. Plus d'informations sur leur site web.
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