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Algérie - Plus du tiers des emprunteurs ANSEJ et CNAC ne remboursent pas leurs dettes



Algérie - Plus du tiers des emprunteurs ANSEJ et CNAC ne remboursent pas leurs dettes
Les dispositifs mis en place en Algérie pour aider à la création d'entreprises ont suscité un véritable engouement auprès des jeunes. Mais à l'heure des comptes, plus d'un tiers de ceux qui ont eu recours à l'ANSEJ ne remboursent pas.Les jeunes Algériens bénéficiant de l'aide de l'Etat pour créer leurs entreprises sont-ils à jour quand il s'agit de rembourser ' La polémique enfle. Le ministre du travail, M. Mohamed Benmeradi, qui tentait dimanche d'éteindre la polémique, l'a ravivée, en donnant des chiffres considérés comme inquiétants par plusieurs économistes interrogés par Maghreb Emergent.
Selon M. Benmeradi, 63% des jeunes entrepreneurs ayant bénéficié du dispositif ANSEJ (Agence de soutien aux entreprises de jeunes) sont à jour dans leurs remboursements bancaires, contre seulement 52% pour ceux ayant bénéficié du dispositif CNAC (Caisse nationale d'allocation chômage). Curieusement, M. Benmeradi a estimé que le chiffre de 63% de jeunes « à jour » avec l'ANSEJ, soit moins des deux tiers, est élevé. « Dire que les jeunes ne remboursent pas est tout à fait faux », a-t-il déclaré au cours d'une émission de radio, alors qu'il venait de reconnaitre que 37% des emprunteurs sont « en contentieux ».
Le dispositif ANSEJ offre des facilités énormes aux jeunes désirant de se lancer. Il cumule des prêts bonifiés, avec des taux d'intérêt symboliques, des échéanciers étalés sur cinq ans, avec un différé de remboursement d'une année. Les nouvelles entreprises sont exonérées de taxes et dispensées de certaines procédures, comme le dépôt des comptes sociaux. Au total, 270.000 entreprises ont été créées, alors que la « mortalité » au sein de ces entreprises est limitée entre cinq et dix pour cent.
Chiffres « incontestables »
M. Benmeradi a rejeté les accusations selon lesquelles les banques acceptent de financer les projets destinés aux jeunes non à cause de leur intérêt économique, mais parce que c'est très rentable pour les banques elles-mêmes. C'est une activité « tout bénef » pour les banques, a-t-il dit, car l'Etat prend en charge la bonification, et a mis en place un dispositif de garantie en cas de non remboursement. « Il y a de la liquidité sur le marché financier ». Ces formules permettent aux banques de placer de l'argent dans des investissements « sans risques », a-t-il affirmé. Autre polémique soulevée par M. Benmeradi, celle concernant la crédibilité des chiffres de l'emploi. Les chiffres sont « incontestables », a-t-il déclaré, alors que les statistiques qu'il cite montrent souvent des chiffres ronds. Selon lui, le gouvernement a créé quatre millions d'emplois depuis 2008, avec une moyenne de 700.000 par an. Les dispositifs ANSEJ et CNAC ont notamment permis de créer 500.000 emplois salariés, selon le ministre du travail. Quant au dispositif qui permet de recruter des primo-employés dont le salaire est pris en charge par l'Etat, ils sont 1.5 millions en activité. Le dispositif pré-emploi est en recul, au profit de l'emploi aidé, qui représente désormais 40% des recrutements, contre 10% auparavant. Cela traduit une nouvelle vitalité des entreprises, qui sont en mesure d'embaucher, selon M. Benmeradi.
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