Les exportateurs des déchets ferreux et non ferreux reviennent à la charge et réclament la levée de la suspension des exportations. Cette mesure a eu, selon eux, des incidences importantes : la suppression de 40.000 postes d'emploi et réduction de près de 50 % des exportations hors hydrocarbures.
Le comité national des exportateurs de métaux ferreux et non ferreux (CNEMFNF) demande au gouvernement de revoir la mesure visant la suspension des exportations des déchets ferreux et non ferreux datant de 2009. Cette demande repose sur la base d'arguments économiques présentés dimanche, lors d'une conférence de presse à la Maison de la presse Tahar Djaout (Alger). Le Président du CNEMFNF, Nassim Issiakhem considère que la filière des déchets ferreux et non ferreux a une forte valeur ajoutée et « la suspension de l'exportation n'a que trop duré ». Notre interlocuteur trouve « anormal » qu'une « suspension dure deux ans ». « La suspension dure quatre à cinq mois mais ne dure pas plus de deux ans », regrette-t-il. « Cela fait deux ans que nous sommes pénalisés : on paye les décharges, les salariés, les impôts pour à la fin stocker la marchandise », ajoute-t-il, précisant que tout les opérateurs ont de la marchandise prête à être exportée. La suspension de l'exportation des déchets ferreux et non ferreux est une aberration, selon les représentants du CNEMFNF, du fait que « l'industrie locale ne peut consommer qu'une partie infime de la production nationale des déchets ferreux et non ferreux. ». Selon les chiffres présentés par les conférenciers, la production nationale en matière de déchets ferreux atteint les 600.000 tonnes par an. La consommation locale concernant les déchets non ferreux n'atteint, quant à elle, qu'un taux insignifiant de 1 % du volume produit annuellement. Le CNEMFNF fait état, en ce sens, d'importantes quantités de métaux ferreux et non ferreux stockées dans l'attente de voir lever la suspension de l'exportation. Car faute de débouchés internes, plusieurs milliers de tonnes de déchets ferreux et des dizaines de milliers de déchets non ferreux sont en stock. Et même les assurances des pouvoirs publics quant à l'alimentation des complexes sidérurgiques en construction par ces stocks constitués durant deux ans n'enthousiasment pas les opérateurs du secteur.
Suppression de 40.000 emplois
Ils ne cachent pas leur doute. « Il faut qu'on ait des détails sur les projets en question. Ils disent qu'ils vont être réalisés dans deux ans. Le métro a pris trente ans comment peut-on encore croire que ces projets vont être réalisés à temps », estime Nassim Issiakhem. Et d'ajouter : « quand bien même ces complexes sidérurgiques vont être réalisés dans les délais, on nous demande donc de patienter deux ans de plus. Les opérateurs du secteur veulent travailler et demandent la levée de la suspension des exportations». La suspension durant deux ans des exportations a eu comme incidence majeure, selon notre interlocuteur la suppression de 40.000 postes d'emploi, en plus d'une perte en recette de devises hors hydrocarbures de 50 %. « Ces chiffres devraient donner matière à réfléchir pour le gouvernement afin d'agir vite et libérer cette filière dynamique », estime encore le conférencier. Enfin, le CNEMFNF recommande pour remédier à la stagnation de la filière de prendre trois mesures. L' installation d'un comité de suivi et de contrôle, composé d'un membre du CNEMFNF en plus des représentant des ministères concerné par l'activité, afin d'évaluer les périodes d'exercice ; le retour à la mise en vigueur d'une carte de l'exportateur afin de nettoyer le secteur des intrus et des prête-noms et l'émission d'un bulletin mensuel des cours des métaux ferreux et non ferreux par le ministère du commerce.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat Yazid
Source : www.maghrebemergent.info