Le secteur de la sidérurgie produit annuellement 600.000 tonnes de laitiers sous forme de déchets de la production des hauts fourneaux. Ces déchets peuvent remplacer le clinker dans la composition du ciment à 60%, ce qui induirait des gains sur le plan économique et écologique. Très abondante en Algérie, cette ressource demeure sous-exploitée, observe l'universitaire algérien Mohammed Nadir Toudjit. « Seuls 20% de ces résidus sont utilisés par les industriels du ciment », regrette-t-il.
Les laitiers des hauts fourneaux, des résidus issus de la fabrication de la fonte dans les hauts fourneaux du complexe sidérurgique d'El Hadjar, peuvent entrer dans la fabrication des ciments mais ils sont sous-exploités, constate Mohammed Nadir Toudjit, du Laboratoire Bâti dans l'Environnement (LBE), de la faculté de génie civil de l'USTHB (Université des sciences et des technologies Houari Boumediene, Alger).
Rencontré en marge du 8ème séminaire international sur les technologies organisé par La Farge à Alger, cet universitaire estime que l'utilisation des ajouts minéraux dans la fabrication du ciment a un double avantage écologique et économique. Ces sous-produits de la sidérurgie sont produits en quantités importantes dans le complexe sidérurgique d'El Hadjar. « Malheureusement, seuls 20% de ces résidus sont utilisés par les industriels du ciment ».
Chaque année 600.000 tonnes de laitiers sont produites par l'industrie sidérurgique, indiquent les chiffres officiels. « Seulement 120.000 tonnes sont utilisées annuellement dans l'industrie du ciment. Le reste ne trouve pas preneur chez les cimentiers, encore réticents à employer ce minéral de substitution », a regretté Mohammed Nadir Toudjit. « Pourtant, en récupérant 60% de ces déchets pour les intégrer à des taux d'addition au niveau des ciments, en termes de substitution on peut aller jusqu'à 30% d'économie sur la production d'une tonne de ciment », a-t-il expliqué.
« L'Algérie doit construire avec du béton prêt à l'emploi »
La Farge va aller jusqu'à 60% de laitiers en termes de substitution dans la production du ciment dit CEM III, selon ce chercheur qui souligne que « l'augmentation de 30% du laitier en substitution du ciment, ce sont 30% de CO2 en moins et 30% de moins en clinker, produit obtenu à partir de l'extraction du calcaire et de l'argile des carrières ».
Un autre avantage de ces matériaux est l'amélioration des propriétés du béton. Mohammed Nadir Toudjit a rappelé que l'utilisation de ciment de laitier est plus indiquée dans les milieux agressifs tels que le milieu marin.
Ce chercheur a estimé, par ailleurs, qu'il était nécessaire pour l'Algérie de construire avec du béton prêt à l'emploi. Selon lui, celui-ci répond aux critères de durabilité fixés par la norme NA 16002 qui impose des règles strictes pour la pérennité des ouvrages. « Pour avoir des bétons qui assurent la durabilité, il faut utiliser des adjuvants », a-t-il affirmé.
Ce type de béton revient relativement cher. Cependant, le coût supplémentaire qu'induit l'utilisation d'adjuvants est amortissable à long terme, a assuré Mohammed Nadir Toudjit. « Le coût du M3 de béton est mesurable à long terme, sur 20 ans et non dans l'immédiat », a-t-il expliqué.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat Yazid
Source : www.maghrebemergent.info