C'était un sujet de préoccupation des assureurs privés, leurs homologues se permettent des ristournes allant jusqu'à 90% sur l'assurance tout risque automobile. Intenable. Un accord signé par 13 compagnies publiques et privées tente de mettre un peu d'ordre dans la foire aux ristournes.
Les remises pratiquées sur l'assurance tous-risques automobile seront bientôt plafonnées à la faveur d'un protocole d'accord signé récemment par 13 compagnies offrant ce produit et approuvé la semaine dernière par le ministère des Finances, a indiqué jeudi à Alger un responsable d'une compagnie d'assurance. "Le protocole d'accord que nous avons signé en juin a été approuvé par le ministère des Finances le 4 juillet. Nous allons bientôt fixer les mécanismes de sa mise en 'uvre pour que les réductions en questions soient plafonnées dès la prochaine rentrée", a déclaré le PDG d'Alliance assurances (privée), Hassen Khelifati, lors d'une journée d'information sur l'expérience de sa compagnie en Bourse. "Il fallait mettre fin à l'anarchie qui a caractérisé pendant longtemps les réductions offertes sur l'assurance automobile ... des remises de 70%, de 80% voire de 90% nuisent aux assureurs mais aussi aux assurés qui ne peuvent avoir un service de qualité avec les prix offerts jusqu'à présent", a-t-il soutenu. L'accord signé par 13 assureurs publics et privés fixe à 50% les abattements sur les tous risques automobiles au profit des entreprises et à 30% les remises en direction des particuliers, a rappelé M. Khelifati.
Une affaire de « bon sens »
Le tarif de l'assurance RC (responsabilité civile), appelée assurance de base, étant réglementé, n'est pas concerné par le nouvel accord, a-t-il précisé. "C'est la première fois que les assureurs publics et privés arrivent à s'entendre pour mettre en place un mécanisme permanent de régulation et de concentration", s'est-t-il réjoui. Selon le même responsable, à cause de plusieurs facteurs dont les réductions anarchiques des tarifs, les compagnies algériennes d'assurance "n'arrivent même pas à réaliser le chiffre d'affaires des entreprises tunisiennes malgré les potentialités énormes du marché algérien". Le chiffre d'affaires du secteur des assurances a augmenté de 6,9% à 87,3 milliards de DA en 2011. La branche automobile, qui génère plus de la moitié de la production du secteur, a progressé de 9,5% en 2011 à 43,4 milliards de DA. La "juste tarification" n'est qu'une affaire de "bon sens", selon lui. Les assureurs algériens remboursent aujourd'hui 3 à 5 DA pour chaque dinar encaissé, une "saignée" qui doit être arrêtée, regrette-t-il. Cependant, il ne faut pas faire l'amalgame entre le plafonnement des remises et l'augmentation des tarifs, souligne-t-il. "Ce sont les réductions qui seront limitées et non pas les tarifs qui seront augmentés (....) en plus, si les assurés veulent qu'on leur améliore la qualité de service et qu'on diminue les délais de remboursement, il faut qu'on leur rembourse aux vrais tarifs et il faut qu'ils paient la contrepartie", a-t-il dit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Maghreb Emergent APS
Source : www.maghrebemergent.info