Le front social va bouillonner en avril. Des mouvements de grèves "illimitées" et des actions de protestation sont annoncés dans plusieurs secteurs. L'importance particulière que donnent les pouvoirs publics aux législatives du 10 mai n'est pas étrangère à cette effervescence. C'est l'occasion de "forcer la main" aux autorités car, après les élections, "les revendications auront peu de chance de recevoir une oreille attentive", murmure-t-on.
Le mois d'avril s'annonce particulièrement chaud pour le front social. Plusieurs grèves et protestations sont programmées pour ce mois, à commencer par le secteur de la santé. Après deux débrayages cycliques de trois jours chacun, les praticiens spécialistes de la santé publique vont observer une grève illimitée à partir de dimanche, estimant que leurs revendications n'ont reçu aucune réponse favorable de la part des pouvoirs publics. Le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) réclame notamment l'amendement du statut des praticiens spécialistes (révision de 12 clauses), l'annulation de la différence appliquée à l'impôt sur le revenu entre les praticiens spécialistes de la santé publique et les hospitalo-universitaires, ainsi que d'autres doléances liées au régime indemnitaire et au logement de fonction. Dans le secteur de l'Education national, le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (CNAPEST) vient de décider d'entrer dans une grève illimitée à partir du 10 avril prochain. Dix jours après la reprise des cours prévue pour ce dimanche 1 avril, le syndicat est déterminé à paralyser le secteur de l'Education jusqu'à satisfaction des revendications des enseignants qui tournent principalement autour de « la signature du statut particulier des travailleurs du secteur de l'Education nationale tel qu'établit avec les partenaires sociaux, la révision de la prime de région et la prime du sud conformément au nouveau régime indemnitaire, ainsi que la finalisation du travail des commissions mixtes concernant la médecine du travail », note un communiqué du CNAPEST. Le Conseil des lycées d'Algérie (CLA), n'a pas écarté, lui aussi, de recourir à la grève durant le troisième trimestre.
Le "chantage électoral" change de camp
D'autres catégories sociales s'estimant marginalisées, vont organiser des actions de protestions dans les rues d'Alger. Les contractuels de l'armée, qui ont servi durant les années du terrorisme, ont promis eux aussi de tenir un rassemblement au niveau de la capitale à partir de mardi prochain. Les jeunes diplômés, employés précaires, ayant manifesté dimanche dernier devant la Grande Poste d'Alger pour leur titularisation, ont promis de revenir à la charge dès ce mois d'avril. Les joutes électorales qui avancent à grands pas ne sont pas étrangères à cette agitation menaçante. Si les pouvoirs publics voient en ces élections législatives du 10 mai 2012 « un événement crucial », voire tout « aussi importantes que le 1er Novembre 1954 » comme l'a déclaré le Chef de l'Etat, la sphère sociale entend elle aussi faire de cette échéance une occasion de faire aboutir ses nombreuses revendications. Car, "passés cette échéance, les revendications ont peu de chance de recevoir une oreille attentive", pense-t-on. Les jeunes chômeurs diplômés ont d'ailleurs compris cet enjeu. Ils ont menacé de faire campagne pour boycotter les élections. Le "chantage électoral" a changé de camp. Aussi, d'autres catégories veulent user de leur poids électoral. C'est le cas de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) qui propose une solution urgente pour les commerçants grossistes qui menacent d'une grève nationale en échange d'un soutien indéfectible aux prochaines législatives. L'UGCAA compte organiser ce lundi une rencontre des représentants des bureaux de wilaya et des fédérations pour "mobiliser les 2 millions de commerçants et 400.000 artisans" en vue de la tenue des prochaines législatives. C'est dire que le bras de fer va être très serré dans les semaines à venir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aymen Zitouni
Source : www.maghrebemergent.info