Les présidents des chambres haute et basse du Parlement algérien se sont relayés, aujourd'hui, pour défendre les bilans de la sixième législature, sur fond de précampagne pour les élections législatives, prévues la première quinzaine de mai prochain. Gymnastique périlleuse. Sur les 73 projets de loi entérinés durant l'actuelle législature, pas un seul qui soit proposé par le Parlement. Mais le zèle de l'institution parlementaire au service de l'exécutif a été bien au-delà.
Le Parlement algérien a clôturé, ce jeudi, sa session d'automne quelques semaines avant le lancement de la course pour les prochaines législatives, prévues en mai prochain. L'événement a été célébré en présence du premier ministre, Ahmed Ouyahia, et plusieurs membres du gouvernement. Les députés de l'Assemblée nationale (APN) et les membres du Conseil de la nation (Sénat), ont répondu tous ou presque présents à cette séance de clôture, après 5 ans d'absentéisme.
Abdelkader Bensalah, président du Sénat, a appelé dans son allocution, à la « mobilisation » de tous les acteurs pour lutter contre l'abstention, lors des prochaines législatives. Bensalah n'a pas oublié que la représentativité de l'actuelle législature, la sixième dans l'histoire de l'Algérie indépendante, a été sérieusement ébréchée par un taux d'absentions record qui a dépassé les 70 %.
Abdelaziz Ziari, président de la chambre basse (APN) s'est, quant à lui, longuement étalé sur ce qu'il a qualifié de « bilan législatif de haute valeur ». Il a désigné spécialement les lois organiques adoptées récemment dans le cadre des réformes politiques annoncées par le chef de l'Etat en avril dernier : les lois relatives aux partis politiques, à l'information, aux associations, et à la participation de la femme à la vie politique. Toutes contestées par la société civile ou par l'opposition politique. Abdelaziz Ziari a omis de dire dans son long discours, que sur les 73 projets de loi entérinés par la sixième législature, pas un seul n'est proposé par le Parlement. Une défaillance qui illustre, on ne peut mieux l'asservissement de cette institution par l'Exécutif, avec ses facettes formelles et informelles.
Le nombre de sièges à l'APN sera augmenté
L'autre fait et non des moindres qui sera gravé dans les annales politiques algériennes est que ce Parlement a du valider, à la sauvette en novembre 2008, un amendement de la Constitution extrêmement controversé afin de permettre au président sortant, Abdelaziz Bouteflika, de briguer un troisième mandat à la tête du pays, en avril 2009. La sixième législature a faillit, en outre, à son rôle de contrôle du budget de l'Etat, qui lui est consacrée par la loi fondamentale du pays (art 106). Les lois de règlements budgétaire concernant les exercices de 2008 et 2009 ont été soumis à l'appréciation des députés qui, détail pour le moins cocasse, ont reconnu n'avoir rien compris dans les rapports du ministre des Finance et ceux de la Cour des comptes. « Trop technique » a-t-on estimé au sein de cette institution qui compte pourtant des commissions dédiées aux finances.
En guise de reconnaissance, l'Exécutif a grassement gratifié les membres du Parlement qui ont obtenu, à l'orée de la fin de leur mandat, des primes qui s'élève à 3 millions de dinars chacun. Cela sans compter les salaires mensuel de 300 000 dinars qu'ils touchaient pour, selon le sarcasme populaire, « bien lever les mains » en signe de consentement avec tout ce qui émane de l'Exécutif.
Le nombre des députés de l'APN est de 389 tandis que celui du Conseil de la Nation est de 144 dont un tiers (48) est désigné par le président de la République. Le ministre de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, a annoncé, lundi dernier, que le gouvernement procèdera à l'augmentation du nombre de sièges à l'APN avant la convocation du corps électoral, en prévision des prochaines législatives. La session de printemps, 10ème est dernière du Parlement pour l'actuelle législature, devrait s'ouvrir en mars prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info