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Algérie - Le cinquantenaire de l'indépendance nationale vu par la presse française



Le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie occupait une bonne place dans la presse française paraissant jeudi, même si une bonne partie des titres se sont contentés de versions électroniques en raison d'un mouvement social ayant affecté le secteur ce jour.
C'est ainsi que Le quotidien à grand tirage Libération (Gauche) a consacré une bonne partie de son édition à l'évènement en publiant, outre un diaporama sur les accords d'Evian le 18 mars 1962 ayant mis fin à sept ans de guerre et ouvert la voie à l'indépendance de l'Algérie, un dossier sur "Guerre d'Algérie, 50 ans après".
Le journal y publie notamment le témoignage d'un jeune appelé en Algérie, Claude Juin, qui a noté en secret les exactions dont l'armée française s'est rendue coupable. Dans un livre qu'il vient de publier, il raconte les actes souvent à l'opposé de la mission de "pacification" que l'Etat leur avait officiellement, et de façon ambiguë, ordonnée. Il a mené une vingtaine d'entretiens avec des "copains" de la guerre.
Dans une longue tribune dans le journal Le Monde, l'historienne Raphaëlle Branche écrit, de son côté, que dans "la liesse (de l'indépendance), on ne manquera pas d'évoquer la dure lutte qu'il fallut mener pour arracher cette liberté à la puissance coloniale française, présente depuis plus de cent trente ans sur le sol algérien", rendant hommage à tous ceux qui sont tombés pour la patrie et que commémorent, dans toutes les communes d'Algérie, des monuments aux martyrs.
Plus loin, elle regrette les "pertes" civiles des deux côtés, estimant que, cinquante ans après la guerre, il "est temps de parler. "Que ceux et celles qui savent quelque chose témoignent ! Qu'il s'agisse du lieu où furent enterrés des personnes ou des circonstances de leur décès, les informations ne sont connues que d'un petit nombre", a exhorté l'universitaire selon qui cela pourrait "contribuer à poser les bases d'une réconciliation qui ne soit pas payée au prix d'un oubli forcé".
Dans un entretien au Parisien, l'universitaire Benjamin Stora, spécialiste de l'Algérie, présente son dernier ouvrage "la Guerre d'Algérie expliquée à tous" (Seuil). Il y affirme notamment que "l'Algérie fête une victoire obtenue les armes à la main après cent trente-deux ans de colonisation française" et que "L'Etat algérien est officiellement né ce jour-là, le 5 juillet 1962".
Il a estimé qu'en "France, il n'y a aucune raison de commémorer la perte d'un territoire, une défaite, auxquelles se sont ajoutés le départ de centaines de milliers de pieds-noirs et le sort, dramatique, des harkis".
D'autres quotidiens, à l'image du Figaro et Le Monde, reviennent sur le "triste" sort réservé aux Pieds-noirs. "Il y a cinquante ans, près d'un million de pieds-noirs arrivèrent sur le sol métropolitain, tout à la fois terre mère patrie, terre d'accueil et terre d'exil", écrit notamment Le Monde.
Le Parisien publie, lui, les portraits croisés d'Hélène Erlingsen, dont le père, militaire français, est mort dans une embuscade en Algérie le 26 octobre 1958, et celui de Mohamed Zerouki, qui s'est battu pour l'indépendance de son pays et a disparu dans le maquis.
APS
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