Alger - A la une

Algérie - La mobilisation s'étend autour des grévistes de la faim de Cevital



Algérie - La mobilisation s'étend autour des grévistes de la faim de Cevital
Depuis le début de l'année, l'usine Cevital de Béjaïa, la principale unité de production agroalimentaire du groupe d'Issaad Rebrab, vit au rythme des grèves. Au fil des mois, le mouvement de protestation loin de s'apaiser s'est durcit. Il y a deux semaines, seize travailleurs ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur licenciement. Sur le terrain, la mobilisation s'organise et s'étend.
C'est un véritable bras-de-fer qui s'est engagé sur le site de l'usine de Cevital de Béjaïa . D'un côté seize grévistes de la faim réclamant leur réintégration au sein de l'entreprise suite à leur licenciement et la création d'un réel syndicat. De l'autre, la direction d'un complexe, appartenant au premier groupe privé du pays, opposée à toute rencontre avec les représentants des grévistes. Dans une déclaration envoyée à Maghreb Emergent, mardi 8 mai, les dirigeants de l'unité de Béjaïa qui compte plus de 4000 salariés considèrent avoir déjà réalisé « un travail de longue haleine » avec les représentants élus des travailleurs. Selon la direction, ces négociations se sont concrétisées par « une feuille de route » qui a permis « une amélioration des salaires de 20 % », « l'octroi d'une mutuelle et d'indemnités de départ en retraite » et « l'installation d'un comité de participation ». Quant aux licenciements des seize travailleurs, aujourd'hui en grève de la faim, la direction les justifie par « une faute grave de 3ème degré suivant les dispositions du règlement intérieur » et estime que les « concernés » n'ont pas respecté la voie légale pour leur revendication. Enfin, elle déclare avoir proposé aux représentants des employés une « démarche de règlement » comprenant « une aide aux famille » et « l'abandon des poursuites », proposition rejetée par les grévistes.
Le droit à un syndicat
Face à l'intransigeance d'une direction estimant avoir fait le nécessaire, la mobilisation sur le campement installé devant l'usine prend chaque jour de nouvelles formes. Un comité de soutien réunissant syndicalistes, étudiants, chômeurs, militantes et militants associatifs et politiques a été mis en place pour accompagner les grévistes dans leur lutte. « Notre but est de les aider à obtenir réparation face aux licenciements abusifs dont ils sont victimes », indique Idir Achour, membre du comité de soutien et secrétaire général du CLA. « Cevital ne respecte pas les lois fondamentales de la République, notamment le droit à un syndicat », poursuit-il. Pour se faire entendre, le comité de soutien a organisé plusieurs rassemblements devant l'usine dont le dernier qui a eu lieu mercredi a réuni environ 500 personnes, selon les organisateurs. « Outre les rassemblements, nous tentons d'interpeller la société civile sur la situation de ces travailleurs et nous avons aussi lancé une action de solidarité financière », détaille Idir Achour.
Des grévistes de la faim déterminés
Et la mobilisation est en train de s'étendre. Un comité de solidarité vient d'être créé à Alger et deux autres devraient bientôt voir le jour à Oran et Sétif comme l'a indiqué au téléphone Samir Larabi, cadre de la communication au sein du PST qui soutient le mouvement. Larabi a interpellé les autorités algériennes sur le droit des travailleurs. « Nous avons lancé un appel aux syndicats et aux travailleurs, notamment du port, du textile, etc. pour une mobilisation globale et nationale », annonce-t-il. Le combat dure depuis deux semaines mais nul ne sait quand, ni comment il se terminera. Les grévistes affichent leur détermination à aller jusqu'au bout malgré les signes de fatigue qui commencent à apparaître. Même s'ils ne bénéficient pas pour l'instant du soutien des autres salariés du site, ils peuvent compter sur l'appui des forces syndicales, associatives, militantes' qui tendent à s'élargir. En face, ni le patron de Cevital, ni les autorités locales ne semblent vouloir intervenir pour régler un conflit où la vie de seize travailleurs est pourtant en jeu.
Tweet
Partager


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)