Les députés votent le 21 janvier sur le projet de loi sur les hydrocarbures. Malgré des réserves sur l'exploitation des gaz de schiste, il n'y a pas de surprise à attendre. La loi va passer. M.Yousfi n'a pas besoin de « fracturer » la tête des députés.
L'Algérie va aller à fond dans l'exploitation des énergies non conventionnelles. Le projet de loi sur les hydrocarbures, dont une bonne partie est consacré à l'exploitation des gaz de schiste, a été défendu bec et ongle par le ministre Youcef Yousfi la semaine dernière devant les parlementaires. L'offensive du gouvernement sur ce dossier s'expliquerait, selon certaines sources bien informées, par ''le feu vert'' donné par le Président Bouteflika à l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. En attendant, le bureau de l'APN a déjà commencé l'examen des amendements introduits dans le projet de texte de loi. Le vote est prévu le 21 janvier prochain. Dimanche, quelques jours après les réponses du ministre de l'énergie et des mines Youcef Yousfi aux députés, et plus particulièrement sur l'exploitation des gaz de schiste, le bureau de l'APN avait tenu une réunion consacrée à l'examen des 33 amendements contenus dans ce projet. Ils ont été soumis à la commission des affaires économiques, du développement, de l'industrie, du commerce et de la planification pour l'examiner avant de le présenter ensuite au vote en séance plénière. Il s'agit de la dernière ligne droite avant l'adoption à l'APN de ce projet de loi, qui offre des facilités aux investissements étrangers concernant la prospection et l'exploitation des hydrocarbures, conventionnels et non conventionnels. Il introduit également de nouvelles mesures fiscales pour encourager les investissements étrangers.
''Vous m'avez déçu''!
''Vous m'avez déçu!'' C'est par cette phrase que le ministre de l'énergie et des mines avait entamé son intervention mercredi dernier à l'APN pour répondre aux questionnements des députés sur les gaz de schiste et leurs effets sur l'environnement. Le ton offensif de M.Yousfi tient, selon des sources dignes de foi, à l'appui du président Bouteflika à l'exploitation des gaz de schiste. Des dispositions sont en cours au niveau du Premier ministère pour défendre cette option même si Premier Ministre, Abdelmalek Sellal s'est voulu rassurant en indiquant que l'exploitation du gaz de schiste n'aurait pas lieu avant 2040. Mais le choix était fait dès septembre dernier avec l'adoption par le Conseil des ministres du projet de loi sur les hydrocarbures ». Son objectif, indiquait le communiqué du Conseil des ministres est « contribuer à maintenir l'attractivité de notre pays en matière d'investissements, en adaptant sa législation par rapport à l'évolution de l'industrie des hydrocarbures en termes de marché et d'avènement de nouvelles technologies (...) 'notamment en ce qui concerne les procédés d'extraction". Le choix était fait d'autant que la hausse de la demande en énergie domestique risque à moyen terme, selon des experts, de compliquer l'équation ''production-consommation-exportation'' d'hydrocarbures. ''A l'horizon 2030, notre consommation en produits énergétiques se chiffrera entre 80 et 85 milliards de dollars par an.
L'argument de la facture énergétique
« Si nos ressources conventionnelles venaient à se tarir et si nous décidons de ne pas exploiter les hydrocarbures conventionnels, comment pourrions nous régler cette facture sans un niveau acceptable d'exportations d'hydrocarbures'" s'était interrogé M. Yousfi devant les députés. Pour l'Etat algérien, explique encore M. Yousfi, la couverture des besoins du pays en énergie "est une priorité". Et, sur le gros problème que pose l'exploitation des gaz de schiste sur l'environnement, il attaque en affirmant que ''nous devons ignorer les propos de ceux qui polluent le monde et nous demandent ensuite de préserver l'environnement". ''On doit ignorer les voix émanant d'outre mer appelant à s'abstenir d'exploiter les hydrocarbures non conventionnels sous prétexte de leurs conséquences néfastes sur l'environnement et sur les réserves du pays en eau". M. Yousfi est allé plus loin en affirmant que ''la plupart des produits (20) chimiques qui constituent un mix auquel s'ajoutent l'eau et le sable dans la technique de la fracturation hydraulique sont utilisés dans l'industrie alimentaire et même pour certains dans...la fabrication des couches bébés''. Le vote des parlementaires est prévu le 21 janvier prochain, et le projet de loi devrait passer ''comme une lettre à la poste''. Sans débat public.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merouane Korso
Source : www.maghrebemergent.info