
L'inflation n'est pas l'explication qui doit être donnée à la dépréciation du dinar, a estimé mercredi le ministre des finances Karim Djoudi sur les ondes de la radio nationale. « En 2012 nous avons eu une inflation qui était forte puisque nous avons terminé l'exercice avec un taux moyen d'inflation de 8,9% et que, graduellement, sur 2013 le taux d'inflation moyen est en train de décroître: nous étions à 4,5% en août et nous sommes à 4,1% en septembre et nos hypothèses est que nous nous rapprocherions d'un taux de 4% en fin d'exercice. Et donc l'inflation en tant que telle n'est pas fondamentalement l'explication qui doit être donnée (dépréciation du dinar) », a déclaré le premier argentier du pays. « Il y a une lutte contre l'inflation qui est en train de se réaliser mais le problème est que cette inflation est encore différente de celle de nos partenaires et, donc, ce qui fait que la correction doit se faire selon ce différentiel. Il y a une réduction du taux d'inflation par rapport à l'exercice précédent », précise M. Djoudi.Aussi, selon lui, la masse monétaire qui est en circulation n'est pas un élément qui impacte immédiatement le taux de change ». « Ce qui impacte le taux de change c'est fondamentalement la liquidité qu'il y a dans l'économie et la demande d'achat et de vente de devises consécutive à des opérations sur le commerce extérieur. L'opération de solde du commerce extérieur, entre autres, sur les importations qui ont fortement augmenté et qui bien évidemment poussent la demande sur le marché de change ». Selon le ministre des finances, la politique de change est du ressort de la Banque centrale. Sur le marché des changes, il y a une offre et une demande de devises et la Banque centrale intervient sur ce marché en tant que régulateur. Le ministre fait par ailleurs remarquer que la dépréciation de la monnaie qui s'est légèrement inversée au cours des dix derniers jours, puisque le taux de change Euro/Dinar qui était à 113 qui est passé à 109.
Vers la création d'une nouvelle taxe qui va remplacer la TAP
Par ailleurs, Karim Djoudi a exprimé la volonté du gouvernement d'aller vers la suppression de la Taxe sur l'activité professionnelle (TAP) prélevée sur le chiffre d'affaires des entreprises, et la remplacer par une autre sans donner plus de précisions sur la nature de cette nouvelle taxe. Même s'il reconnaît la difficulté d'aller vers suppression, qui risque de priver les collectivités locales d'une manne financière conséquente, le ministre des finances laisse la porte ouverte à cette éventualité. « Concernant la TAP, elle est totalement reversée aux communes et la supprimer ce serait porter un coup difficile aux communes dans la gestion de leur trésorerie », a affirmé M. Djoudi. L'enjeu pour les autorités, selon lui, est d'essayer d'atténuer voire de faire disparaitre cette taxe et de trouver une solution alternative. La suppression de la TAP est une revendication du patronat algérien qui considère que cette taxe grève lourdement les finances des entreprises.
Pour le ministre, la solution « serait de remonter un autre impôt pour abandonner cette taxe sur le chiffre d'affaires ». « Il faudrait que l'on ait un ajustement relativement conséquent et, donc, nous sommes obligés d'apprécier l'impact d'une telle mesure », a justifié le ministre, rappelant qu'il est important pour le gouvernement « de ne pas régler un problème au niveau de l'entreprise et d'en créer un autre pour les collectivités locales ». Selon lui, retirer cette ressource aux communes va les mettre en difficultés. S'agissant de l'IBS (Impôt sur les bénéfices des sociétés), il estime que l'Algérie a l'un des taux les plus faibles comparativement aux pays européens et aux pays maghrébins. « Je pense qu'en termes de fiscalité, les avantages qui ont été accordés et les dispositifs qui ont été créés sont tout à l'avantage des investisseurs privés », note le ministre des Finances.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.maghrebemergent.info