La première expérience d'introduction à la bourse d'Alger d'une société privée, en l'occurrence Alliance Assurances, ne se mène pas sans embûches. Son PDG appelle le gouvernement à inciter les banques à jouer leur rôle dans la relance du marché boursier en garantissant un seuil minimum de liquidités des titres. « Les pays qui ont réussi à constituer un véritable marché boursier ont pris des décisions politiques pour le dynamiser », a-t-il expliqué.
Plus d'une année après son introduction en bourse, la société algérienne privée Alliance Assurances fait face au problème de la liquidité des titres boursiers, a reconnu son PDG, Hassen Khelifati, lors d'une matinée d'information organisée jeudi au siège de la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV). A ce problème, qui est celui de toute une Bourse inerte, « il faut une solution politique pour créer une dynamique sur ce marché naissant », a-t-il préconisé.
Ce marché, a estimé Hassen Khelifati, a besoin du soutien effectif de l'Etat, qui doit inciter les banques à s'impliquer davantage et à jouer leur rôle pour relancer la bourse en garantissant un seuil minimum de liquidités des titres ». Selon lui, le problème de la liquidité de la place boursière se pose avec acuité. « Nous avons écrit aux pouvoirs publics à ce sujet. Nous voulons un vrai soutien, massif. Nous ne voulons pas de subventions. Nous voulons juste que les banques aient le moyen de jouer leur rôle pour créer une dynamique sur ce marché », a-t-il expliqué. « Les pays qui ont réussi à constituer un véritable marché boursier ont tous pris des décisions politiques pour le dynamiser », a-t-il argué.
« Le fléchissement à terme du contrat de liquidité est normal »
Selon les chiffres présentés lors de cette journée d'information, à la fin de la durée du contrat de liquidité aucune transaction sur le titre Alliance Assurances n'est enregistrée. Le nombre total de transactions sur ce titre est de 259 (234 dans le contrat de liquidité et 25 en dehors de ce contrat). Le nombre d'actionnaires de la société s'est replié de 5,76% une année après son introduction en Bourse : il était de 5.518 mais ne dépasse pas 5.200 actuellement.
Cependant, en dépit du problème de la liquidité du marché, l'introduction en bourse d'Alliance Assurances a engendré des effets significatifs et positifs. Le nombre de titres mis en circulation a bondi de 3.200.000 à plus de 5 millions, en progression de 56,39%. La capitalisation boursière est passée, quant à elle, de 7,9 milliards de DA à 14,96, en progression de près de 69%.
Le cours du titre Alliance Assurances s'est maintenu à un niveau stable, a souligné, de son côté, le directeur général de la Bourse d'Alger, Mustapha Ferfera. « Le fléchissement enregistré à terme du contrat de liquidité est normal », a-t-il déclaré. Le cours du titre a été de 830 DA durant toute la période du contrat de liquidité avant d'enregistrer une baisse à 825 DA à la fin du contrat, en se maintenant à ce niveau.
Augmentation du chiffre d'affaires de 15%
Alliance Assurances a enregistré en 2011 un chiffre d'affaires de 3,9 milliards de DA, en progression de 15% par rapport à 2010, soit plus que le double de la progression du chiffre d'affaires du secteur des assurances en Algérie (7%). Cette augmentation s'explique, d'après son PGD, par une croissance de 21% de la branche automobile et risques simples, de 16% en IARD et de 10 % en transport.
En revanche, la compagnie a enregistré un recul de 31 % en assurances personnes. Il est dû au fait que cette activité a été interrompue le 30 juin 2011 après la décision du gouvernement de filialiser la branche des assurances-vie, a expliqué Hassen Khelifati.
Le PDG d'Alliances Assurances a indiqué que l'année 2011 a été marquée par une forte sinistralité : la charge de sinistres s'élève à 2.752 millions de DA, en évolution de 68% par rapport à 2010. La compagnie a enregistré un montant de 1.663 millions de DA d'indemnisations, soit une augmentation de 165%, due, selon son patron, à la recrudescence du nombre de sinistres avec l'augmentation du parc automobile et la hausse du SNMG, entre autres facteurs. Il a cité, à titre d'exemple, la sinistralité enregistrée dans la branche IARD suite aux émeutes de janvier 2011 qui s'élève à 450 millions de DA et l'augmentation de 172% des déclarations de sinistres automobiles en 2011.
Tweet
Partager
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat Yazid
Source : www.maghrebemergent.info