En Algérie, la prolifération du « travail au noir » est due, pour le moins partiellement, à la « rigidité de la législation du travail », ont affirmé Karim Tamir et Laravi Djelouah, experts en Ressources humaines, lors d'un débat organisé par le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE). Pour eux, une législation souple « permettrait de faire basculer une grande partie des emplois informels dans la sphère du travail protégé ».
Le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE) a organisé, aujourd'hui mercredi à Alger, un débat ayant pour thème : « Passage de l'informel vers le formel : quels enjeux pour l'entreprise ' ». Laravi Djelouah et Karim Tamir, experts en Ressources humaines, ont suggéré aux autorités de légaliser de nouvelles formes de travail, en vigueur dans la plupart des pays du monde. Il s'agit des emplois temporaires, des emplois à temps partiel et des emplois externalisés. Cela en plus des contrats aidés (stages rémunérés, emplois jeunes, etc.) et des emplois à durée déterminée (CDD). Le recours à ces nouvelles formes, ont-ils souligné, est une tendance universelle.
Pour Laravai Djelouah, dans le contexte algérien, la question qui doit être posée est celle de savoir si ces nouvelles formes de relations de travail peuvent ou non permettre de faire basculer toute une frange de la population travaillant « au noir » vers des emplois déclarés à la Sécurité sociale et protégés par la réglementation. Sa réponse est « oui ».
Pour cet expert, l'enjeu est de permettre aux entreprises algériennes, grâce à l'assouplissement de la réglementation du travail et à la diversification des statuts des salariés, de régulariser une partie de leurs personnels à travers des emplois « atypiques » et, dans le cadre d'une législation plus souple, de ne plus« hésiter »à recruter.
Les invités du CARE ont proposé de faire du CDD un « contrat de travail normal » et non un contrat à caractère exceptionnel, tel qu'il est prévu actuellement dans le Code du travail algérien. Ils ont également préconisé la création de sociétés de travail temporaire, avec un encadrement juridique qui protège les droits sociaux des salariés, et des procédures CNAS allégées, en adéquation avec la nature (courte durée) de ce type d'emplois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info