Le monde des affaires en Algérie attend, sans trop y croire, du gouvernement Sellal un changement de la politique économique actuelle qui a montré ses limites. Hormis la nomination de Chérif Rahmani à la tête du ministère de l'Industrie, porteur d'un « message d'ouverture envers les investisseurs étrangers », rien ne présage d'un changement de cap, soutient Salah Mouhoubi, politologue et économiste.
« Nous avons effectivement du pain sur la planche mais notre objectif principal est de poursuivre la mise en 'uvre du programme du président de la République sur le terrain ». Cette phrase d'Abdelmalek Sellal prononcée à l'occasion de la prise de ses fonctions de Premier ministre au lendemain a été interprétée par des observateurs de la scène politique nationale comme « un changement dans la continuité ». C'est le cas du politologue et économiste, Salah Mouhoubi. Il pense que le chef de l'Etat a procédé à un changement de l'équipe gouvernementale qui doit obéir à une feuille route déjà tracée et dont la mise en 'uvre a été commencée par l'équipe sortante. « Il ne faut donc pas s'attendre à un changement de cap de la politique économique du pays », a indiqué Salah Mouhoubi à Maghreb Emergent. Pour lui, le nouveau gouvernement va procéder, au mieux, à quelques mesures de façade et poursuivra la même politique économique, le nouveau Premier ministre s'engageant lui-même à poursuivre le programme du Président qui s'achèvera en 2014. « Il me parait difficile pour cette équipe de changer fondamentalement de cap », analyse-t-il en soulignant que la relance de l'économie implique une nouvelle politique économique et financière du pays.
Plus d'ouverture sur l'investissement étranger
« Ce n'est pas le changement du gouvernement qui va changer la politique économique du pays », résume notre interlocuteur. Ce changement n'a pas touché les ministères régaliens, il en est de même pour l'important ministère de l'Energie et des mines et celui du Commerce. Le seul changement notable est le méga-ministère de l'Industrie de la PME et de la promotion des investissements qui échoit à Cherif Rahmani, 'ex-ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire. Faut-il y voir un signe de changement futur de la politique économique ' Salah Mouhoubi nuance. « La nomination de Chérif Rahmani à la tête du ministère de l'Industrie est un signe d'une grande volonté d'ouverture en direction des investisseurs étrangers », explique-t-il. « Il (Rahmani) est en faveur des investissements étrangers notamment arabes. C'est une manière de dire que l'Algérie plus flexible et plus ouverte vis-à-vis des investisseurs étrangers », ajoute-t-il. Il reste qu'il ne s'attend pas un bouleversement. Pour lui, le nouveau ministre de l'Industrie ne va pas opérer de grands changements, mais peut toujours 'uvrer à adopter des mesures plus flexibles concernant l'investissement étrangers notamment l'assouplissement de la règle 51/49.
L'économie nationale sous pression
Pourtant Salah Mouhoubi pense qu'il est temps de changer de cap car l'économie algérienne est de plus en plus « vulnérable » du fait sa dépendance accrue à l'égard des hydrocarbures, des subventions tout azimut et du modèle de la dépense publique comme moteur de croissance. « S'il faut poursuivre la politique des infrastructures. Il faut néanmoins mettre l'accent sur l'investissement productif et remettre en cause certains principes qu'on a adopté jusqu'à présent », recommande-t-il. La récente déclaration du ministre des Finances, Karim Djoudi sur le budget 2013 qui sera, de son avis, « de prudence » est le signe que l'économie algérienne est de plus en plus sous la pression d'une crise qui la guette. « Ce nouveau gouvernement est conscient des défis qui l'attendent. Il faut agir dès maintenant : il doit ouvrir de nouveaux chantiers hors des sentiers battus pour permettre de nouvelles perspectives économiques », conclut l'économiste.
Tweet
Partager
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Ferhat
Source : www.maghrebemergent.info