__ Les week-ends politiques sont de plus en plus animés au fur et à mesure que l'on se rapproche du mois de mai au cours duquel devraient se tenir les prochaines élections législatives. Les nouvelles formations agréées tiennent ou s'apprêtent à tenir leurs congrès de fondation respectifs. Les partis déjà reconnus se réunissent pour débattre et décider de leur participation. Le tout, dans l'indifférence apparente d'une population qui ne semble pas, pour l'instant, se passionner pour le prochain scrutin.
La décision du ministère de l'Intérieur de donner son accord pour la tenue de congrès de fondation de dix nouvelles formations politiques pousse les initiateurs de celles-ci à accélérer leur processus de structuration interne. Il ne leur reste en effet que peu de temps pour acquérir une visibilité sur la scène politique, former des listes au niveau des wilayas du pays et être prêts à concourir.
Parmi les formations nouvellement agréées, le Parti pour la liberté et la justice (PLJ) de Mohamed Saïd a tenu son congrès constitutif ce week-end en présence d'un ancien chef de l'Etat, Ali Kafi, et d'un ancien ministre, Ahmed Taleb Ibrahimi qui apparaît comme le parrain de cette formation politique. Ce parti a été fondé il y a plusieurs années et le Coordinateur de son instance constitutive a été candidat à la dernière élection présidentielle de 2009.
D'autres nouvelles formations réuniront leurs assises dans les semaines à venir. C'est notamment le cas de Jil Jadid de Djilali Sofiane ou de l'Union pour la démocratie et la république (UDR) de Amara Benyounès'
Deux partis n'ont en revanche pas été autorisés à tenir leurs congrès. Il s'agit en premier lieu du Front démocratique (FD), de l'ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali, dont le ministère de l'Intérieur assure qu'il n'a pas déposé de dossier de demande d'agrément auprès de ses services. M. Ghozali refuse de déposer un nouveau dossier, arguant du fait qu'il a déjà rempli cette condition. Il poursuit ses démarches mais a déjà annoncé qu'il ne participerait pas aux législatives pour manque de temps.
Le MCL (Front pour le changement national) de Abdelmadjid Menasra a vu son dossier rejeté pour non-conformité avec la loi. La nouvelle formation fondée par des anciens militants et dirigeants du MSP doit changer sa dénomination qui se rapproche trop de celle d'un parti existant, le FLN en l'occurrence. La présence, parmi les fondateurs, de quatre personnes « impliquées dans la ''tragédie nationale'' » constitue le deuxième motif de refus du ministère de l'Intérieur. Ce parti poursuit ses démarches pour obtenir l'autorisation de tenue de son congrès.
La population ne se passionne pas pour le scrutin
Parmi les partis déjà légalisés, le Parti des travailleurs (PT) a annoncé sa décision de prendre part au prochain scrutin législatif. La formation de Louisa Hanoune réclame toutefois plus de garanties en matière de transparence du scrutin. Refusant la présence d'observateurs internationaux, elle demande la formation d'un gouvernement neutre ou, à tout le moins, d'un remaniement ministériel partiel.
D'autres formations d'oppositions ne se sont pas encore prononcées. Ni le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Sadi ni le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït-Ahmed qui poursuit son cycle de débats internes à la base animés par son nouveau Premier secrétaire Ali Laskri.
La majorité des partis devraient se déterminer au mois de février, au moment de la tenue de leurs congrès pour certains ou après.
Ce frémissement de la classe politique contraste avec l'attitude plus attentive de la population qui ne semble pas préoccupée par ce remue-ménage et la perspective d'élections. Les déclarations des représentants des pouvoirs publics qui assurent, comme d'habitude, que les élections, cette fois-ci, seront crédibles ne peuvent que conforter nombre d'électeurs dans leur scepticisme.
Les choses sont bien évidemment susceptibles d'évoluer d'ici au mois de mai avec une contestation sociale qui semble repartir à la hausse après une accalmie relative au cours du dernier trimestre de 2011.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika
Source : www.maghrebemergent.info