La promotion immobilière va être
recadrée. La nouvelle loi dont il a été beaucoup question dans lors de
l'assemblée générale du Fonds de garantie et de caution mutuelle de
l'immobilier (FGCMPI), prévoit de créer un obstacle à l'entrée de l'activité où
évoluent 25 000 promoteurs. Non associés à la préparation du texte, ceux-ci
estiment qu'elle va rendre le logement plus cher.
La nouvelle loi sur la promotion
immobilière sera plus sévère à l'encontre des fraudeurs, a assuré, dimanche, à
Alger, Norreddine Moussa, ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme. Il a
toutefois refusé de divulguer le nombre de cas de fraude recensés par ses
services en ce qui concerne les transactions immobilières. Le ministre, qui
s'exprimait en marge de l'AG du Fonds de garantie et de caution mutuelle de
l'immobilier (FGCMPI), s'est contenté de dire que le projet de loi, soumis à la
commission de l'Habitat au niveau de l'APN, prévoit la mise en place d' «un
dispositif de contrôle». C'était plutôt au directeur général de FGCMPI, Mouloud
Dehal, de donner le matin sur les ondes de la radio chaine III, quelques
indications sur la teneur des dispositions en préparation. Un agrément sera
nécessaire, au terme du nouveau cadre légal, afin d'exercer l'activité de
promoteur. Cet agrément, délivré par l'administration du secteur de l'habitat,
sera exigible dans le dossier de registre de commerce pour les nouveaux entrants.
25 000 promoteurs immobiliers sont inscrits au registre de
commerce dont 330 étrangers. Les dispositions du nouveau texte de loi visent
clairement à en réduire le nombre jugé anormalement élevé par le directeur du FGCMPI.
C'est «la multiplication des opérations de promotion sans
émargement au fonds de garantie» qui a poussé à ce recadrage, selon Mouloud
Dehal. Une première liste noire, comprenant une quinzaine de promoteurs, a été
établie par le Fonds. «Le FGCMPI, qui enregistre régulièrement des cas de
fraude, rendra publique une nouvelle liste noire en janvier prochain» a annoncé
le directeur du Fonds. «Il s'agit justement de promoteurs non souscrits au
Fonds et qui arnaquaient leurs clients en leur vendant des logements sur plan
en violation du dispositif légal. Les victimes de cette arnaque, a-t-il
expliqué, n'ont pas demandé aux promoteurs, un contrat devant notaire. Un
document, selon ses termes, qui a la valeur juridique d'un titre de propriété.
Mouloud Dehal a affirmé qu'aucune «défaillance» n'a tété enregistrée parmi les
adhérents du FGCMPI. Les acquéreurs arnaqués n'ont pas d'autre solution pour
récupérer leur argent que celle de saisir la justice.
«Une loi qui va rendre le logement plus
cher»
Des promoteurs, rencontrés à l'assemblée
générale du FGCMPI, se sont plaints de leur exclusion par le ministère de
tutelle dans l'élaboration de la nouvelle loi sur la promotion immobilière.
Noredine Moussa n'a pas eu pour autant à entendre des reproches de leur part,
en assistant à l'ouverture de l'AG élective du FGCMPI. «Personne n'ose parler
car on a tous peur de figurer sur sa liste noire», nous déclare un promoteur de
Batna sous couvert de l'anonymat. Celui-ci estime que «la nouvelle loi conduira
inévitablement à l'augmentation des prix des logements, déjà inaccessible pour
la plupart des Algériens». La hausse des prix sera causée, selon lui, par la
disposition portant séparation entre l'activité des entrepreneurs et celle des
promoteurs. «Les entrepreneurs prendront tous les bénéfices, ce qui poussera
les promoteurs à relever les prix de vente de logements pour avoir leurs part
de gains», dit-il. Notre interlocuteur, considère que «la fraude est au niveau
des entreprises et des bureaux d'études étrangers qui obtiennent les grands
marchés publics avant de sous-traiter avec les cabinets et les entrepreneurs
nationaux qui gagnent des miettes». A en croire ce promoteur, «plusieurs
sociétés étrangères, notamment asiatiques, versent dans la commercialisation,
en marché noir, des matériaux de construction».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Farouk Lekser
Source : www.lequotidien-oran.com