Le ministère français des Affaires étrangères emboîte le pas à
l'ambassade de France à Alger qui avait réfuté avoir opposé des refus des visas
pour deux cadres du ministère algérien de la Pêche.
Le Quai d'Orsay affirme «n'avoir pas connaissance d'une demande non
satisfaite de visas pour des fonctionnaires algériens qui voulaient assister à
une conférence sur le thon rouge, en novembre, à Paris». C'est ce qu'a déclaré,
jeudi, ce département ministériel français. Ce démenti intervient au lendemain
de la déclaration du ministre algérien de la Pêche, Abdallah Khanafou. Ce
dernier était d'abord monté au créneau, une première fois la semaine dernière,
à l'APN, puis, lors d'une émission de la radio Chaîne 3, pour déplorer que
«deux fonctionnaires de son ministère n'ont pas pu assister à la réunion de la
CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de
l'Atlantique) car ils n'ont pas reçu leurs visas». De son côté, la porte-parole
adjointe du Quai d'Orsay, Christine Fages, qui était interrogée, jeudi lors
d'un point-presse sur cette affaire, a eu cette réponse: «A ma connaissance,
aucune demande de visa n'a été déposée en ce sens.» «La partie algérienne était
représentée au dernier jour de la Conférence de Paris», a-t-elle ajouté.
L'Algérie a été représentée par des fonctionnaires de l'ambassade d'Algérie à
Paris. Près de 24 heures auparavant, M. Khanafou affirmait que le consulat
français avait refusé d'accorder des visas à deux cadres de son département.
«Nous avons introduit, le 10 novembre 2010, des demandes de visas. Nous n'avons
pas eu de reçus. Nous n'avons eu ce problème qu'avec le consulat de France. Les
autres consulats à l'image de celui de l'Italie ou de l'Espagne, ne mettent pas
plus de trois jours pour répondre à nos demandes de visas pour les différentes
missions que nous effectuons», avait-il également déploré.
La veille, l'ambassade de France
à Alger avait affirmé dans un communiqué qu'aucun dossier de demande de visa
n'a été déposé par les responsables du ministère de la Pêche auprès du consulat
français. «En liaison avec le ministère des Affaires étrangères algérien, les
autorités diplomatiques et consulaires françaises traitent toujours dans les
meilleurs délais, les demandes de visas déposées par les membres des délégations
officielles algériennes devant se rendre en France», a déclaré la
représentation diplomatique française à Alger. Le consulat français avait-il
refusé le visa aux fonctionnaires du ministère algérien de la Pêche ? Plusieurs
interrogations entourent cette affaire.
Le ministère de la Pêche a
attendu le 9 décembre, soit treize jours après la fin des négociations, pour
porter la responsabilité de cette absence des négociateurs algériens à la
réunion de Paris, au consulat de France en Algérie. M. Khanafou admet dans la
même émission de la Chaîne 3 que l'absence des négociateurs algériens à la
réunion de Paris n'a pas vraiment influé le cours des choses. «Les cadres de la
représentation diplomatique algérienne établie à Paris étaient présents à cette
réunion de l'ICCAT pour remplacer nos deux cadres qui n'ont pas pu être
présents», a affirmé le ministre. Le ministre admet publiquement l'incapacité
des pêcheurs algériens de pêcher tout le quota de thon qui leur est réservé.
«Nous n'avons pas les bateaux pour le faire. Même si nous avons eu ce quota,
nos pêcheurs risquaient de ne pas le pêcher», reconnaît le ministre.
Dans la foulée, M. Khanafou
déplore «une campagne médiatique qui est menée à des fins qu'il dit «ne pas
comprendre». Son argument : «Même si nous avions pêché tout le quota des 618
tonnes de thon, cela ne dépasse pas 7 milliards de centimes qui seront
engrangés par nos pêcheurs».
Cette guerre d'accusations et de
démentis entourant cette affaire de visas intervient au moment où la France
veut durcir sa politique de visas. La semaine dernière, le secrétaire d'Etat
algérien chargé de la Communauté algérienne établie à l'étranger, Halim
Benatallah, avait déclaré que l'Algérie mettrait sur la table des discussions
lors des prochaines négociations consulaires avec Paris, ce durcissement de la
délivrance de visas de court séjour pour les Maghrébins. Il réagissait aux
déclarations du ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui avait
appelé les consulats français à rendre plus difficile la délivrance de visas
court séjour. Ce dernier avait annoncé qu'il réunirait les consuls de France
pour leur demander d'être «plus vigilants» pour ne pas accorder des visas court
séjour qui «constitueraient un passeport à l'immigration clandestine».
Les trois consulats français
implantés en Algérie, ont enregistré près de 2.300.000 demandes de visas de
court séjour, en 2009. Parmi ces demandes, 130.013 avaient été délivrés.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Amine L
Source : www.lequotidien-oran.com