Le conseil national du RND, réuni jeudi et vendredi en session ordinaire
à Zeralda, a réitéré son engagement fidèle autant pour le programme économique
et social du chef de l'Etat, que de la politique de réconciliation nationale pour
rassembler tous les Algériens autour du même objectif: le développement
économique du pays.
Pour autant, le RND, à travers la déclaration finale de la 3e session ordinaire,
lance une sérieuse mise en garde contre tous ceux qui voudraient troubler
l'ordre public. Le document final souligne ainsi que le RND «refuse de se taire
par confort politique, devant la résurgence de certains phénomènes auxquels
l'Algérie a payé déjà un prix très grave», et cite notamment «le recours répété
à des revendications locales par des voies anarchiques n'ayant pour effet que
de porter atteinte à la quiétude de la majorité de la population», «ou de
l'abus dans le recours aux grèves, en dépit des acquis sociaux par des
travailleurs concernés dans certains secteurs de la Fonction publique,
détournant le droit constitutionnel à la grève, et prenant en otage la
population privée du service public notamment de l'Education». Le RND n'omet
pas, également, d'épingler «les pratiques spéculatives dans la sphère
commerciale, qui rognent sur le pouvoir d'achat des citoyens, génèrent des
rentes mal acquises», et tance, dans la même foulée, «des tentatives de
certains milieux politiciens de renouer avec les campagnes insidieuses, visant
à nuire à l'image du pays, ou à jeter le doute au sein de la population». Bien
sûr, la déclaration finale de cette session revient sur la nécessité de la
lutte contre la corruption, et salue à ce propos «la résolution de l'Etat, sous
la conduite du président de la République, à combattre toute atteinte aux
deniers publics et d'abord le fléau de la corruption».
Au plan international, il était
attendu que la déclaration finale du parti de M. Ouyahia revienne un peu sur la
triste affaire de la libération par le Mali de quatre dangereux terroristes
contre celle d'une personne de nationalité française. Le message du RND est
clair : «Le conseil national dénonce vigoureusement le double langage de
certains Etats dans la lutte contre le terrorisme pourtant déclarée comme une
cause solidaire par toute la communauté internationale, et même codifiée par
des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies». Sans citer nommément
ni le Mali, encore moins la France, le conseil national du RND «condamne les
compromissions à courte vue avec le terrorisme, à travers la libération de
criminels condamnés par la justice de leur pays, en violation de conventions
judiciaires, et à travers le paiement de rançons aux terroristes, en négation
de la résolution pertinente du Conseil de sécurité prohibant de tels actes».
C'est là une autre occasion pour le parti de l'alliance présidentielle de
réaffirmer ses constantes en matière de lutte contre le terrorisme, en
exprimant sa «profonde préoccupation devant la propagation du danger terroriste
dans la région du Sahel voisine de l'Algérie», avant d'appeler les forces
politiques et les gouvernements de la région du Sahel à «soutenir la lutte
contre le terrorisme (…) et contribuer à une solidarité régionale contre ce
fléau».
D'autre part, le conseil national
du RND a demandé à la France et aux Etats-Unis de retirer l'Algérie de la liste
des pays dont les ressortissants sont astreints à des mesures restrictives à
leur entrée dans les territoires de ces deux pays. Le RND, en fait, «exige des
gouvernements concernés la révision sans délai de ces mesures diffamatoires
pour le peuple algérien», avant de rappeler à la France que «toute volonté
proclamée de bâtir une relation approfondie de coopération avec le peuple
algérien ne saurait aboutir sans le préalable de la reconnaissance par la
France des crimes qu'elle a perpétrés pendant son occupation de l'Algérie».
Criminalisation du colonialisme, Le Pen et le Mali
S'exprimant lors d'une conférence
de presse à l'issue des travaux de la 3ème session du conseil national, Ouyahia
a déclaré que «les relations algéro-françaises existent depuis le 5 juillet
1962 et leur passage à l'exception, comme cela a été demandé par la France, a
un prix et il est connu. Il y a la question du passé qui doit faire l'objet
d'une reconnaissance». Le rehaussement des relations algéro-françaises à un
niveau «exceptionnel» passe, ainsi selon le secrétaire général du RND, par la
reconnaissance du passé colonial de la France en Algérie et par la question de
«l'égalité dans les relations, les intérêts et tout le reste». S'agissant du
projet de loi criminalisant le colonialisme, Ouyahia dira qu'il a été déposé au
niveau du gouvernement qui donnera sa réponse dans un délai de 60 jours.
A propos de l'affiche électorale
du Front national de Jean-Marie Le Pen, portant atteinte à l'emblème national,
Ouyahia a rappelé que ce même parti a été derrière l'attentat à l'explosif
perpétré en 1973 contre le consulat algérien à Marseille, ainsi que l'attentat
meurtrier contre des émigrés algériens dans cette ville à la même période. «Le
défunt président Houari Boumediene avait décrété alors l'arrêt de l'émigration
des Algériens vers la France après ces attentats», a-t-il encore rappelé.
«Est-ce que vous vous attendez à mieux de la part d'un criminel ? Subitement,
on s'étonne devant ce que fait le FN», s'est-il interrogé. M. Ouyahia a rappelé
aussi que Le Pen s'était engagé dans l'armée d'occupation en Algérie durant la
guerre de libération nationale, au moment où il était député et qu'»il
assimilait cet engagement à un acte de bravoure, lui qui était officier
parachutiste et tortionnaire». «Il est dans une situation où il est rejeté même
par les siens», a-t-il fait remarquer.
S'agissant des relations avec le
Mali, suite à la libération de deux terroristes algériens, M. Ouyahia, tout en
relevant le rappel de l'ambassadeur d'Algérie à Bamako pour consultation, a
souligné que «les relations entre les deux pays sont très anciennes». «Ne
pensez pas qu'on est entré en guerre contre ce pays voisin avec lequel nous
partageons des intérêts très importants», a-t-il dit. Il a précisé, dans ce
cadre, que le problème qui s'est posé avec le Mali, est dû à la libération de
«deux terroristes qui ont été arrêtés au moins depuis une année et dont
l'Algérie avait demandé l'extradition à maintes reprises». «Bien que l'Algérie
soit liée au Mali par une convention de coopération judiciaire, elle n'a pas eu
de réponse à sa demande», a déploré M. Ouyahia.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com