
Car pour les députés à l'Assemblée populaire nationale (APN), le grand dilemme réside dans la la préservation de la subvention des hydrocarbures, comme acquis de la révolution algérienne, ou la rationalisation des dépenses énergétiques, à un moment de forte baisse des recettes d'hydrocarbures, qui a plombé ce projet de loi. L'augmentation des taxes sur les hydrocarbures constitue dès lors le sujet le plus controversé à l'Assemblée. Les différentes interventions des 193 députés laissent entendre que le suspense sur son adoption ou non sera maintenu jusqu'au dernier jour, c'est à dire ce mercredi 25 novembre. A l'instar du FLN, qui domine au Parlement avec ses 207 sièges sur les 462 de l'hémicycle, la hausse des taxes sur les produits énergétiques ne fait pas l'unanimité au sein des partis, et "certains députés vont devoir voter Oui contre leurs propres convictions", a confié à Maghrebemergent une députée FLN sous le couvert de l'anonymat. « Ce projet de loi a été discuté en commission sans notre consultation.FLN contre, mais votera ?'oui''Mais je peux vous affirmer que la plupart des députés sont contre l'adoption de cet amendement de la loi des finances, y compris ceux qui voteront pour. La plupart de mes collègues du FLN sont contre. Nous estimons qu'il y a d'autres solutions alternatives à ces mesures d'austérité imposées au citoyen. Programmer plus d'investissements dans le secteur agricole et touristique par exemple », estime t-elle. Son collègue M. Boudjemline Mustapha voit de son coté que cette augmentation des taxes sur les hydrocarbures n'aura pas d'impact direct sur le citoyen, et ''vise à rationaliser les dépenses et l'utilisation des (produits) d'hydrocarbures, notamment l'essence et le gasoil, qui connaissent un grand gaspillage. « Les prix appliqués actuellement sur le marché algérien sont très en deçà de leur valeur réelle. Nous produisons du pétrole brut et nous le raffinons à trois milliards d'euros pour le subventionner. N'est ce pas un gâchis dans la gestion ' », s'est-il interrogé. Pour lui, ''les prix subventionnés favorisent les trafics de ces produits au niveau de nos frontières''. De son coté, le député Smail Kouadria du Partie des Travailleurs estime que les augmentations sur les produits d'hydrocarbures est une perte dangereuse des acquis sociaux de la révolution algérienne.Le ?'Niet'' du PT''Durant toutes les années fastes, on n'a pas pensé à injecter les milliards dans des plans de développement. Aujourd'hui, en ces temps de crise, on attaque les poches du citoyen en faisant que le pauvre devienne plus pauvre et les nouveaux riches s'enrichissent davantage », a-t-il dit en rejetant en bloc ces nouvelle mesures fiscales. Le maintient du caractère social de l'Algérie est aussi le motif principal de l'opposition du Front des Forces Socialistes FFS a ces meures « d'austérité ». Pour le président du groupe parlementaire du FFS Chafae Bouaich, ''ce n'est pas au peuple de payer la mauvaise gestion du gouvernement pendant des années, car la crise que nous traversons n'est pas le résultat de la baisse des prix du pétrole depuis juin 2014, mais plutôt de la mauvaise réaction du gouvernement face à la corruption. L'Etat a préféré acheté la paix sociale, plutôt que de lancer des projets de développement », souligne t-il. Mme Larfi Kessal du Groupe parlementaire du RND, plaide pour l'adoption de ce qu'elle qualifie de « mesures de compensation », qui ne prévoient qu'une augmentation « dérisoire » des prix de l'essence et du gasoil. « Nous sommes le seul pays au monde, qui subventionne les produits dérivés des hydrocarbures. La récupération de cet argent perdu dans les subventions pourrait être utilisée dans la mise en place de zones industrielles et dans la création de petites et moyennes entreprises.Vote sous le manteauCela pourrait booster l'économie nationale», relève Mme Larfi, membre permanent de la Commission des Finances et du Budget du Parlement, rappelant que la réduction d'un dinar prévue sur le gasoil a été conçue pour soutenir les agriculteurs, ce qui permettra en quelques années de réduire les importations et promouvoir les exportations agricoles. Les trois partis islamistes représentants l'Alliance Verte, voteront tous contre ces amendements du projet de loi de finances 2016, a annoncé à Maghrebemergent Mme Hamdi Fatma, députée MSP de l'Alliance Verte. « Il est défendu chez nous d'introduire des réformes, qui touchent le pouvoir d'achat du citoyen. La majorité écrasante des parlementaires s'opposent à cette loi, aussi bien ceux de l'alliance que ceux de l'opposition, mais beaucoup doivent suivre les instructions de leur parti », a-t-elle expliqué. En effet, nous avons constaté sur place que les déclarations de plusieurs députés, notamment ceux du FLN changent entre deux entrevues. Certains nous ont fait part clairement de leur opposition à l'adoption de ce PLF2016, arguant « la défense du pouvoir d'achat, la fidélité de la ligne sociale traditionnelle du FLN », pour revenir quelques minutes après nous demander la modification de leur propos, pour « incompréhension des enjeux ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selma Kasmi
Source : www.maghrebemergent.info