Un public nombreux a été convié, samedi dernier, par l''architecte et urbaniste Halim Faidi, au café littéraire Mohamed Boudia de l'association Casbah, à une véritable visite aérienne d'Alger, à partir de photos, de cartes et de gravures anciennes.
"Alger, vue autrement", a fait voyager l'assistance depuis Alger, ville-fort imprenable à vocation maritime s'élevant sur une baie à tracé elliptique rare, jusqu'à la capitale actuelle qui voit s'ériger un peu partout des cités HLM selon un modèle qui implose partout ailleurs. " C'était une baie avant d'être une ville " a rappelé le conférencier qui explique ainsi pourquoi la France coloniale s'est ingéniée à séparer les Algérois de leur précieux et stratégique rivage. Dans le même ordre d'idées, les mosquées qui bordaient le littoral ont été détruites. "Celles qui ont échappé à la destruction ont été séparées par un symbole fort du capitalisme : la chambre de commerce.", a fait observer l'architecte. Les vues aériennes de Kays Djilali, photographe de renommée internationale, ont fait découvrir les différents âges architecturaux de la ville et appuyé l'argumentation de M.Faidi selon laquelle la ville coloniale s'est inspirée du style urbanistique de la vieille citadelle : Construction en amphithéâtre suivant les courbes à niveau, couleur blanche des façades, immeubles solidaires les uns des autres, etc..
"La ville a également été un territoire d'utopie artistique et un véritable laboratoire pour des générations d'artistes de tous horizons", a encore souligné
le conférencier. Quartier par quartier, de terrasse en terrasse et de rivage en rivage, les invités de l'association Casbah ont visité leur ville comme ils ne l'avaient jamais fait. Les images de la Casbah "qui devient une favella", selon les propres termes du conférencier, ont particulièrement secoué l'assistance. Cependant, M. Faidi affirme que "les solutions existent chez nous", après avoir rappelé que la coupole du complexe du 5 juillet, à l'instar d'autres réussites architecturales, sont l''uvre d'architectes et d'ingénieurs algériens. "Nous allons accuser une perte d'expertise si nous continuons à faire appel à des étrangers pour réaliser des tours payées en dollars. Les solutions sont chez nous, le potentiel est là.", a encore insisté le conférencier en guise de conclusion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lamia B
Source : www.lemaghrebdz.com