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Alger, une si longue histoire (2e partie)



Alger, une si longue histoire (2e partie)
Menée d'abord sous le commandement du leader Abane Ramdane, elle échoira ensuite à un jeune fidaï, natif de La Casbah, Yacef Saâdi. Alors, devant l'ampleur des actions d'éclat de la résistance algérienne, le ministre de l'Intérieur, garde des Sceaux, un certain François Mitterrand, actionnera la 10e division parachutiste pour éliminer les insurgés et sévir en utilisant tous les moyens, dont la torture. Si le général Massu fut convaincu d'avoir remporté une victoire militaire en éliminant le fameux commando dans une maison de La Casbah, ce fut surtout une grande victoire diplomatique pour l'Algérie qui commença alors à voir s'internationaliser le conflit. Dès l'indépendance, Alger devient une capitale très courue par tous les leaders du Tiers-Monde et une ville phare du Mouvement des non-alignés. Ainsi, d'année en année, la population d'Alger augmentera de façon exponentielle et la ville nécessitera alors de nouveaux aménagements, de nouvelles infrastructures d'envergure dont un réseau routier qui se développera permettant de désengorger, un tant soit peu, une circulation devenue problématique, des moyens de transport qui allégeront énormément les contraintes des nombreux usagers, dont le métro, le tramway et le téléphérique. Premier pôle économique et commercial du pays, Alger comprend aussi la zone industrielle la plus importante de toute l'Algérie, à Rouiba, avec 250 entreprises dont les géants SNVI et SNTR, ainsi que quelque 160 entreprises privées qui activent essentiellement dans l'industrie agroalimentaire, la pharmacie et l'industrie chimique. Mais le centre-ville et ses quartiers périphériques connaissent une activité commerçante intense qui draine les foules de tous les coins de la ville et même du pays. C'est sans doute pour cette raison que ceux qui veulent se promener à Alger et ses alentours préfèrent le week-end et les jours fériés, quand la cité se vide pratiquement de la moitié de ses habitants, partis passer les fêtes au « bled », selon la formule d'usage en cours chez les Algérois qui désignent le reste du pays par le mot « bled », alors qu'il revêt un autre sens à Constantine ou même ailleurs où il signifie « la ville ». Alors, Alger ressemble à ce qu'elle fut il y a quelques décennies quand on pouvait s'attabler à une terrasse des rues Didouche-Mourad et Larbi-Ben-M'hidi dans une quiétude aujourd'hui disparue dans le tintamarre de la circulation automobile. Les patriciens vous parleront avec nostalgie des balades sur les grandes avenues jusque tard dans la nuit, quand régnaient la bonne humeur et la convivialité. Comme dans tous ces cafés dont la plupart ont depuis disparu, emportant avec eux des pans entiers de la mémoire citadine. Des hauts lieux de la culture où se rencontraient poètes et musiciens, artistes et comédiens pour parfois converger à la Cinémathèque qui abritait des débats passionnants en présence des plus prestigieux réalisateurs du monde. Aujourd'hui, de ces prestigieuses enseignes, il ne reste que des fantômes dont la silhouette vient hanter ces lieux transformés en pizzerias ou fast-foods... Djamel Amrani, El Hachemi Guerouabi, Abdelkader Chaou et aussi Youcef Chahine qui aimait particulièrement siroter son café sur la terrasse du Novelty, à quelques pas de la Cinémathèque... Alger se conjugue aussi au présent quand, traversant la rue Ben-M'hidi et débouchant sur le square Port-Saïd, on emprunte les arcades suintant d'humidité de Bab Azzoun pour arriver à la Place des Martyrs, haut lieu de tous les négoces qui s'étalent jusqu'aux portes de la superbe mosquée Ketchaoua et la rue de La Lyre. Bab El Oued dresse ses imposantes bâtisses qui regardent, impassibles, la mer étrangement déchaînée en cette fin d'été. Plus haut, La Casbah s'accroche au temps et des enfants jouent sur le pavé de ses ruelles pavées, indifférents aux joyaux d'architecture mauresque qui les entourent. C'est Alger côté ouest. Côté est, il faudra emprunter la longue rue Hassiba-Ben-Bouali, déboucher sur la place 1er-Mai que tous les Algérois appellent « Champ de man?uvres » et se perdre dans les rues commerçantes de Belouizdad et déambuler sur l'avenue Tripoli que le tramway a traversée en la défigurant. Plus haut, Kouba aligne de coquettes villas et une circulation intense. Comme dans tout-Alger. La ville qui a quand même gardé son âme à travers quelques cafés des vieux quartiers et quelques maîtres-gargotiers où se bousculent les clients, comme Ammi Omar qui, dans sa minuscule boutique en face de la gare centrale, propose des sardines à s'en lécher les babines...
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