Devenu tentaculaire, ce trafic a fini par faire réagir tout le monde, particulièrement les commerçants qui travaillent dans la légalité
La vaste offensive lancée depuis quelques jours par les services de sécurité contre les commerces informels, commence à porter ses fruits.
Après moult interrogations, les autorités ont décidé, enfin, de passer à l'action, en lançant des opérations «coups de poing» pour éradiquer le commerce informel dans les principales villes du pays, dont la capitale, en vue de l'empêcher de prospérer en toute illégalité. Devenu tentaculaire, ce trafic qui génère, faut il le rappeler, des centaines de milliards de dinars chaque année, a fini par faire réagir tout le monde, particulièrement les commerçants qui travaillent dans la légalité. Cernés de toutes parts et ne comptant, souvent, que sur eux-mêmes pour se faire respecter, de nombreux propriétaires de magasins se sont plaints de la présence encombrante et envahissante de ces marchands ambulants qui ont pris possession des trottoirs, des entrées des immeubles et parfois même de la chaussée pour écouler, en toute tranquillité, leurs nombreux produits. Agissant en toute impunité, beaucoup n'hésitent pas à s'installer à côté des magasins, et gare à celui qui osera leur faire une remarque ou les défier. Ceux qui s'y essaient risque gros avec ces forcenés qui ne se séparent jamais d'un couteau ou d'un objet contendant pour intimider leurs adversaires. En l'espace de quelques années, ils ont transformé Alger et ses places principales en un gigantesque bazar à ciel ouvert. Un phénomène qui n'a épargné aucune ville du pays. Certaines rues de la capitale, à l'image de la rue Bouzrina d'Alger, sont devenues des places retranchées où l'on trouve pratiquement de tout. Certes, les articles pour femmes sont omniprésents, tout comme ceux destinés à l'embellissement intérieur des habitations, mais les vendeurs de vêtements pour enfants ont, eux aussi, la part belle, et sont parvenus, à la longue, à se faire une clientèle. On se demande, maintenant, où sont passés tous ces vendeurs à la sauvette que l'Etat avait voulu récupérer, en leur offrant, il y a une dizaine d'années, des carrés au lieudit Zoudj Ayoun pour s'adonner légalement à leur activité.
Peine perdue, car à en croire certains, la plupart des carrés auraient été loués, parfois plusieurs fois, sans que les personnes responsables de ce trafic ne soient inquiétées. C'est en tout cas, ce que nous a dit un responsable de l'Union générale des commerçants et artisans algériens lors de la visite que nous lui avons rendue la semaine dernière. Afin de le juguler ce phénomène, l'Etat a prévu, également, la construction de 100 locaux commerciaux au niveau de chaque commune, soit environ 154.100 dans tout le pays. 0ù en est-on avec cette opération et quels sont les gens qui en ont bénéficié' La troisième opération a trait, elle, aux aides accordées aux jeunes sans emploi afin qu'ils s'organisent et lancent, eux-mêmes, leur microentreprise. Des sommes colossales ont été débloquées pour ce projet mais, apparemment, il a créé plus de problèmes qu'il n'en a résolus.
La plupart des demandes ont trait au domaine du transport, or, il existe une multitude d'autres métiers qui, malheureusement, n'ont pas trouvé preneur. Ayant trouvé les lignes saturées, de nombreux demandeurs ont rompu unilatéralement le contrat, en refusant de payer leurs cotisations à la banque qui les a aidés. Que dire alors de l'environnement et des tonnes de détritus abandonnés à chaque coin de rue par ces pollueurs qui ne pensent qu'au gain facile qu'ils vont gagner le soir et font fi de la propreté et de toute morale' La descente des services de police n'est qu'une réponse aux commerçants légaux et aux nombreux citoyens qui n'arrivent plus à s'accommoder de la présence de ces vendeurs de l'informel devenus très encombrants.
Une chose est sûre, la capitale qui était en apnée, respire mieux depuis quelques jours, au grand bonheur des habitants qui soutiennent l'action des services de sécurité que d'aucuns qualifient d'oeuvre de salubrité publique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kaci AGGAD
Source : www.lexpressiondz.com