Qui ne souvient pas de «Baba Salem» qui sillonnait tout Alger, pour animer nos rues et leur donner une touche de gaieté ' Nous gardons tous en mémoire, en effet, ces «artistes», qui ne pouvaient passer inaperçus dans les quartiers avec leurs tenues mais aussi la fougue avec laquelle ils battaient le tambour et jouaient la castagnette, balayant avec un revers de la main le prosaïsme et la grisaille qui caractérisaient nos villes.
Ces troupes qui font partie de notre culture et de nos traditions ancestrales semant le bonheur et créant une ambiance festive avec des rythmes haletants et des mouvements harmonieusement coordonnés, s'élevant jusqu'à la catharsis mystique, ont marqué bel et bien notre enfance. Les belles images, en fait, de Baba Salem ne nous quittent jamais et le poids des années n'est pas arrivé à les effacer de notre mémoire. C'est que le phénomène «Baba Salem» est bien ancré dans la société, résistant même aujourd'hui aux vents du changement et de la modernisation. Mieux encore, «Baba Salem» est de retour à Alger, après une éclipse qui aura duré des années. Les nostalgiques redécouvrent ces groupes de kerkabou ressuscités qui replongent les quartiers d'Alger dans l'allégresse, chassant ainsi la monotonie et la routine, devenues, par excellence, les principaux ennemis de la population. Alger «la blanche» renoue depuis quelque temps avec ces spectacles qui donnent du baume au c'ur, notamment pour les enfants qui voient pour la première fois ces artistes merveilleux qui, sans peine, arrivent à dessiner la joie sur les visages des chérubins émerveillés par le savoir-faire mais également l'habilité et la souplesse de ces hommes qui transforment nos rues carrément en scènes artistiques sous le regard médusé de ces petits bouts de chou. L'air ébahi, ils se laissent emporter par les rythmes et les danses de Baba Salem, leur tendant une pièce de monnaie, comme pour les récompenser pour la prestation magistrale à laquelle ils ont eu droit, peut-être pour la première fois de leur vie. Alger, tel le sphinx, renaît de ses cendres avec ces petites troupes qui sillonnent les rues de la capitale donnant sur leur passage un spectacle insolite et gai, empreint carrément de magie. Rencontrés à la rue Hassiba, Abchar (qui veut dire annonceur de bonnes nouvelles) et Achir (qui signifie ami) et Abeb viennent de Djanet. Ils ont fait, nous disent-ils, presque toutes les wilayas du pays. Sans répit, ils tentent de faire découvrir aux populations du Nord, de l'Est et de l'Ouest cette musique, voire même cette tradition menacée d'extinction pure et simple.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Agence
Source : www.lnr-dz.com