
La mission consistant à fustiger la "campagne hostile contre nos institutions" (Sic) qui serait menée en France n'est pas dénuée, semble-t-il, de duplicité puisqu'elle échoit à des acteurs "semi-officiels" laissant la diplomatie algérienne retranchée dans son palais des Anassers. Celle-ci nous a habitués à des réactions épidermiques pour beaucoup moins qu'une photo du chef de l'Etat visiblement mal en point. Car que reproche-t-on finalement à Manuel Valls 'De ne pas avoir retouché l'image de Bouteflika avant de la twitter ' Ou d'avoir montré tout simplement la vérité telle quelle ' Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sera Ouyahia qui volera au secours du Premier ministre français lorsqu'il déclare lui-même que "Bouteflika n'était pas dans son jour" lors de cette fameuse prise de vue. Les thuriféraires du chef de l'Etat pourront toujours expliquer à tous ceux qui veulent encore les entendre qu'il y a fatalement des jours "avec" et des jours "sans". Mais finalement où est "le crime" de Valls, son "agression caractérisée" ' Ce dernier, à sa sortie de son entrevue avec le président Bouteflika, s'est même presque félicité, lui aussi, de l'"alacrité" de son hôte. C'est dire que Valls est également dans la combine, au service de son pays fortement engagé dans ce qui est présenté comme un "partenariat d'exception".C'est pourquoi la main de l'étranger, devenue pour les tenants du pouvoir algérien une marotte, devrait, cette fois, être agitée avec beaucoup de précaution car elle pourrait engendrer, dans le cas qui nous préoccupe, des effets pervers incalculables. Et cela même sur l'état de santé du Président dont le suivi médical est, pour rappel, assuré par des médecins français.D'ailleurs, au sujet des relations internationales, d'aucuns estiment en Algérie que la coopération avec les puissances occidentales (menée par calcul politique) est, d'une manière générale, trop inégale et marquée par de nombreuses concessions. S'agissant du cas atypique des relations avec la France, l'opinion impute précisément aux dirigeants algériens leur "double jeu" ainsi que leurs "liens incestueux" avec l'ancienne puissance coloniale. La France peut même se féliciter, à ce titre, de disposer, au plus haut sommet de l'Etat algérien, de puissants relais. Certains parlent même, sans ambages, d'une véritable "mise sous tutelle" étrangère.Et s'il n'est pas question d'accuser aujourd'hui qui que ce soit d'intelligence avec une puissance étrangère, on ne peut s'empêcher de soupçonner l'existence d'une "entente secrète", sinon une "réconciliation" avec l'ancienne puissance coloniale qui n'a pas été assumée ni annoncée publiquement.On peut, certes, disserter longuement sur cette réconciliation nécessaire entre l'Algérie et la France, il y aura toujours des gens qui, par principe ou par instinct, resteront sourds à jamais, ici et là-bas, à ce raisonnement frappé, du reste, de bon sens. Ce rapprochement, ardemment souhaité de part et d'autre, ne peut avoir lieu que s'il est l'œuvre d'hommes politiques désintéressés et motivés par les intérêts mutuels des deux pays, et non de ministres et autres commis de l'Etat mus par leurs placements et autres acquisitions immobilières outre-mer et ayant donc, forcément, un fil bleu-blanc-rouge à la patte. M.-C. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Chérif Lachichi
Source : www.liberte-algerie.com