Bon, le 13e SILA est fini. On en a parlé. En mal, en bien, en ni bien, ni-mal, à voix haute, en murmures. On s'est interrogé, indigné, exclamé, épaté...
Deux certitudes : il reste le plus grand événement culturel du pays et peut-être de la région ; ce ne sont pas ses louangeurs qui l'aiment le plus, car les braillards et les rebelles, excluons les médisants, en sont d'abord des amoureux déçus. Deux exigences : le choix à faire, résolument et clairement, entre foire commerciale et salon professionnel ; la nécessité d'une politique du livre qui a fini de tarder avec ce projet de loi réclamé et promis depuis si longtemps, au risque que les écrivains se transforment en momies, les éditeurs en archéologues et les libraires en antiquaires. Une information enfin : organisé actuellement par un comité piloté par l'ANEP, dont la tutelle est le ministère de la Communication, il est fortement question qu'il passe l'an prochain sous l'égide de celui de la Culture. Aujourd'hui, les exposants démontent leurs stands avec la nostalgie des forains et la vie reprend ailleurs pour autant qu'elle n'ait jamais cessé. Et, des grands évènements aux petits, ce raccourci entre les Pins Maritimes et Maghnia, l'antique Numerus Syrorum. Pourquoi Maghnia ' A cause de mon mobile. Chaque jour, comme tous les intoxiqués de messages que nous sommes devenus, je guette les SMS. Il en est de bons, d'insignifiants, de tristes hélas, d'incompréhensibles souvent. Mais, dans le flot, il en est un qui me ravit toujours. Episodique, il m'annonce une exposition à Maghnia. Voilà bien deux ans, un groupe de peintres de cette bourgade frontalière y a créé une galerie d'art. Trois d'entre eux avaient exposé à Alger, grâce à Ouahiba Adjali, précieuse amie des arts, qui les avaient accueillis dans sa galerie de Kouba. Ils avaient donné alors une autre image de Maghnia, piégée dans l'étiquette de capitale du trabendo. Leurs étonnantes 'uvres attestaient que la ville de Lalla Maghnia, à la légende extraordinaire, ne se résume pas à des cargaisons clandestines de jeans et autres babioles. Ce groupe est venu rappeler qu'il avait de qui tenir en la personne de Mahdjoub Ben Bella, parent du premier président de l'Algérie, mais surtout grand artiste contemporain, né en 1946 à Maghnia, dont les 'uvres parcourent le monde entier (Ryad, Grenoble, Sao-Paulo').A lui, la considération d'une 'uvre accomplie qui mériterait un hommage marqué. A ces artistes, notre admiration. Quel courage et détermination leur a-t-il fallu pour dénicher un local, l'équiper modestement et le faire vivre par des expositions régulières ! Leur espace est un poste avancé de la culture, un lieu de vie et de création que chacun, et d'abord les institutions, devrait aider. C'est aussi dans tous les Riwaq El Fen de toutes les Maghnia du pays que peuvent se concevoir de grands desseins. Que peut être l'infiniment grand sans l'infiniment petit ' Quelque chose comme la médiatrice du néant.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ameziane Ferhani
Source : www.elwatan.com