Comme Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, qui s'est félicitée de l'arrivée en nombre de femmes au Parlement,
Raymond Maxwell reste dans le vague à propos de la régularité des élections législatives du 10 mai.
Le département d'Etat vient de lancer un avertissement aux ressortissants américains vivant en Algérie pour qu'ils limitent leurs déplacements. L'alerte s'adresse prioritairement au personnel de l'ambassade à Alger. Selon l'agence UPI, qui rapporte la nouvelle, le département d'Etat évoque «les menaces terroristes et les kidnappings». «Le département d'Etat considère que des menaces potentielles sérieuses pèsent sur le personnel de l'ambassade à Alger. Il leur a été demandé de vivre et de travailler dans de strictes conditions de sécurité», est-il indiqué. Les citoyens américains sont appelés en vertu de cet appel à faire des provisions de médicaments et de produits alimentaires.
L'UPI rappelle qu'un des chefs (fort nombreux visiblement) d'Al Qaîda a «incité» les Algériens à se soulever en octobre 2011. L'agence de presse souligne que des officiels américains sont «alarmés» par les restrictions aux activités politiques en Algérie. Le discours tenu hier par Raymond Maxwell, sous-secrétaire d'Etat adjoint pour le Maghreb, dans une déclaration à l'agence étatique Algérie presse service (APS) est d'une autre tonalité. «Je voudrais me joindre à Mme Hillary Clinton afin de féliciter le peuple algérien pour les élections législatives couronnées de succès qui lui ont permis d'exprimer sa volonté (') L'important n'est pas dans le fait que des partis soient élus. L'essentiel est plutôt que le processus soit libre, juste et transparent», a-t-il affirmé. Comme Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, qui s'est félicitée de l'arrivée en nombre de femmes au Parlement, Raymond Maxwell reste dans le vague à propos de la régularité des élections législatives du 10 mai. «Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec tout gouvernement qui respecte les principes démocratiques, qui inclut aussi bien les élections que les principes de tolérance, le respect des minorités et des femmes et les droits fondamentaux de la liberté d'expression», a-t-il ajouté. Autrement dit, organiser des élections d'apparence plurielle ne suffit pas. Le respect des droits politiques est également un élément important à prendre en compte.
En novembre 2011, Raymond Maxwell s'est rendu en Algérie. Il a eu notamment des entretiens avec Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN et représentant personnel du président de la République. «Personne ne peut émettre un jugement sur les réformes en Algérie, car c'est une affaire qui concerne exclusivement le peuple algérien et son gouvernement (') L'Algérie a engagé des réformes pour répondre aux aspiration de ses populations, mais aussi pour éviter qu'il y ait une révolte comme cela a été le cas dans les pays de la région», avait-il soutenu. Organiser des élections pour se prémunir contre le Printemps arabe était le c'ur du réacteur de la campagne électorale pour les législatives menée par des responsables algériens. Du coup, on s'interroge si à Washington et à Alger, on parle le même langage. Pour Raymond Maxwell, l'Algérie est «un leader naturel» dans la zone Maghreb-Sahel. Il a expliqué le caractère «naturel» avec la posture géographique de l'Algérie, ses richesses et sa population «instruite». La raison d'un tel discours est presque évidente : la lutte contre le terrorisme dans un cadre de partenariat. «Le gouvernement algérien a joué un rôle-clé dans le Forum global de la lutte contre le terrorisme (FGCT), dont une réunion a été tenue récemment en Algérie sur la prise d'otages contre le paiement de rançons, qui est un problème vis-à-vis duquel nos deux pays partagent le même point de vue», a soutenu le collaborateur de Hillary Clinton.
On comprend mieux pourquoi l'avertissement du département d'Etat adressé aux ressortissants américains en Algérie paraît exagéré, mais utile. Cela évite à la diplomatie américaine de s'expliquer sur la duplicité du discours par rapport aux changements politiques dans la région arabe. Le plus curieux, c'est que Washington craint le danger terroriste pour ses ressortissants vivant dans un pays cité comme' exemple de lutte contre le terrorisme. Passons. Les Etats-Unis et l'Algérie ont, selon Raymond Maxwell, une relation militaire forte et croissante. En novembre 2011, Raymond Maxwell avait laissé entendre que les USA sont prêts à vendre des équipements de guerre à l'Algérie. La crise économique oblige l'industrie militaire américaine à diversifier la liste de sa clientèle. L'Algérie avec ses 180 milliards de dollars de réserves de change ne peut que séduire les planificateurs commerciaux du secteur de l'armement. «Les Etats-Unis se félicitent des efforts engagés par l'Algérie pour aider la Libye et la Tunisie, à la fois politiquement et économiquement, et pour continuer à jouer un rôle majeur au sein de la Ligue arabe et de l'Union africaine», a encore déclaré Raymond Maxwell. Le brusque changement d'attitude de la diplomatie algérienne, devenue plus ouverte et conciliante avec la Libye et la Tunisie, n'était pas le fait du hasard ou d'un' réveil de conscience.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com