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Alger et Rome écrivent l'avenir



Le contrat signé par Sonatrrach et trois géants énergétiques est de nature à ébranler la planète Pétrole. À travers les4 milliards de dollars, montant de l'accord, et l'intérêt exprimé par Occidental, ENI et Total Energie, l'Algérie revient dans le jeu stratégique des hydrocarbures par la grande porte. L'événement mérite largement une annonce présidentielle pour ce qu'il représente comme dimension géopolitique majeure. En effet, par cet acte, dont l'écho mondial est certain, les compagnies signataires du contrat donnent un signal fort à l'ensemble des acteurs énergétiques, mais également aux pôles de décisions à l'échelle de la planète. Le signal en question annonce l'émergence en Afrique du Nord d'une nouvelle puissance économique, en ce sens que le méga-accord est logiquement accompagné par un partenariat multiforme, dense et stratégique avec le pays d'Europe le plus proche et avec lequel l'Algérie entend développer des relations fortes, amicales et surtout sereines.
Entre Alger et Rome, il n'existe, pour ainsi dire, aucune ombre, ni cadavre dans les placards. Et aussi loin qu'on remonte dans l'Histoire, on retrouve deux peuples qui s'étaient mesurés pour le contrôle de l'espace méditerranéen, ils se sont fait la guerre, ont aussi commercé et même tisser des liens matrimoniaux. Ce bout d'Histoire qui a tout de même duré plusieurs siècles, voire plus d'un millénaire, n'a pas drainé dans son sillage une animosité particulière, ni de haine. L'Algérie et l'Italie s'étaient donc naturellement rencontrés à la seconde moitié du XXe siècle à travers un héros italien qui a compris les souffrances et le courage du peuple algérien. Une fois indépendante, l'Algérie a reçu de la part de l'Italie, l'accueil du pays souverain. Sur les 60 années d'indépendance, Alger se souviendra de l'attitude exemplaire de Rome durant la décennie noire, contrairement au reste de la troupe européenne qui attendait la chute de la République.
Ce petit rappel historique est nécessaire pour évaluer les chances de réussite du partenariat stratégique que les deux pays sont en passe de mettre en place. Rien que ces derniers mois, les deux Etats se sont échangé des visites de très haut niveau, entre ministres des Affaires étrangères, Premiers ministres et présidents de la République. On retiendra à ce propos que l'Italie est le seul pays occidental à avoir reçu le président Tebboune en visite d'Etat et inversement, le chef de l'Etat italien est le seul Occidental à avoir accompli une visite d'Etat en Algérie. Cela suffit pour planter le décor.
10e puissance économique mondiale et troisième en Europe, l'Italie dispose de compétences techniques de maîtrise technologique et de savoir-faire. En face, quatrième puissance en Afrique, riche d'une ressource humaine bien formée, d'un sous-sol gorgé de minerais et surtout dotée d'une réelle ambition pour l'émergence économique. L'association entre ces deux nations est profitable au deux blocs, européen et africain. Les 180 hommes d'affaires italiens voient certainement l'exceptionnelle marge de croissance à travers, notamment la Zone africaine de libre-échange et les mégaprojets, comme le Port Centre, la route de l'unité africaine et le gazoduc transsaharien. Les hommes politiques qui cautionnent le rapprochement entre les deux pays savent cela et préconisent un partenariat bilatéral dense, puissant et mutuellement profitable.
Dans cette belle aventure algérienne, l'Italie peut objectivement envisager de grandir plus vite, jusqu'à concurrencer les deux géants européens, la France et l'Allemagne. Et pour cause, le partenariat consolidé, avant-hier, lui offre une opportunité unique. On aura d'ailleurs deviné les immenses attentes du partenaire algérien. Lequel ambitionne de s'adosser sur l'Italie pour gagner en maîtrise technologique et de gouvernance économique. Le tandem promet donc, dans le cas d'une association sincère et sans arrière-pensées, de redessiner, à terme, la carte économique et géopolitique de la Méditerranée occidentale. Le propos ne relève pas de l'impossible au vu du formidable potentiel que pourrait dégager un partenariat algéro-italien.
Il est cependant clair que ce rapprochement historique ne se fera pas aux dépens d'autres puissances régionales à l'image de la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et même les USA. Toutes ces nations comptent trouver une place dans le grand ballet géopolitique méditerranéen, où l'Algérie tient incontestablement une place de choix. Le seul perdant pour l'heure, c'est bien l'Espagne qui, après une «glissade» malheureuse est en passe de rater le coche et risque de rester un petit pays à la marge de l'Histoire méditerranéenne...
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