Alger

Alger et Johannesburg veulent mieux faire



Moins de deux mois après la réunion préparatoire de Pretoria, nous créons toutes les occasions pour faire avancer nos projets de partenariat.»

 C'est par ce rappel que le MAE, Mourad Medelci, avait inauguré, hier, solennellement les travaux de la commission politique binationale algéro-sud africaine. Une commission qui est présidée par les deux présidents des deux Etats, Bouteflika et Zouma qui est arrivé à Alger aux premières heures de lundi dernier. Medelci estime qu'il est nécessaire de «hisser notre coopération au niveau d'un partenariat d'excellence (…) Il y a une confiance mutuelle (…) pour une appréciation de nos potentialités».

 La réunion de la commission binationale, fera remarquer le MAE, coïncide avec la journée de l'Afrique – le 25 mai – célébrée cette année sous le slogan «Le sport en faveur de la promotion du développement de l'Afrique». Ce qui l'amènera à évoquer la tenue de la Coupe du monde en Afrique du Sud pour noter que «l'Algérie sera représentée à la cérémonie d'ouverture du Mondial par des troupes artistiques» et l'équipe nationale, bien sûr, qui, a-t-il affirmé, «donnera la meilleure image attachée aux valeurs de la paix véhiculées par le sport».

 Au-delà de cet enthousiasme, Medelci estimera que la coopération entre les deux pays reste «en deçà des ambitions» des discours politiques des deux pays au plus haut niveau. Il fait savoir, cependant, que «des secteurs ont confirmé un certain nombre d'engagements et des acquis ont été enregistrés».

 Il est question «pour aller de l'avant» de revoir certains instruments juridiques qui encadreront cette coopération. «La recherche scientifique est une ressource déterminante, c'est un domaine qu'il faudra fertiliser», a-t-il indiqué tout en évoquant les secteurs susceptibles d'attirer la coopération comme l'industrie, l'agriculture, la formation, la santé… «Il y a des projets industriels et agricoles à promouvoir», a-t-il affirmé. Il recommande aux hommes d'affaires des deux pays «à faire preuve de plus de volontarisme». Il annoncera la signature d'accord, «notamment dans l'énergie sous différentes formes». Il fera part de «l'engagement fort des gouvernements des deux pays à accompagner les opportunités et ouvrir pour le partenariat de nouvelles pistes déjà révélées pour une bonne partie d'entre elles». Le projet de constellations satellitaires liant l'Algérie, le Kenya et le Nigeria est, a-t-il dit, un exemple à suivre.

Pour les besoins d'un «partenariat d'excellence»

Un comité de suivi de la coopération sera installé prochainement «pour évaluer, orienter et enrichir au besoin tout ce qui pourrait être concrétisé entre les deux pays», dit le ministre. Medelci pense que «les conditions sont réunies pour un partenariat stratégique entre les deux pays». L'attachement des deux pays aux missions de l'Union africaine (UA) dont la plus importante «pour la paix et la sécurité pour orienter les potentialités considérables du continent vers son développement».

 La ministre sud-africaine des relations internationales et la coopération que Medelci appelle par le prénom «Maïté» parce que, a-t-il dit, «on est frères et sÅ“urs», a tenu à convoquer l'histoire du combat de son pays contre l'Apartheid pour noter «le soutien indéfectible de l'Algérie. Elle évoquera le séjour de Mandela en Algérie «durant les années difficiles. «Les deux pays partagent un vision commune pour l'avenir de l'Afrique unie et prospère», a-t-elle indiqué. Dans le chapitre de l'UA, elle conseillera une révision de ses institutions financières, de son code juridique et celui relatif aux droits de l'homme». Autre rappel, le Nepad, «dont les deux présidents en sont les pères fondateurs». Elle estime qu'«il faut en protéger l'éthique et ce à quoi il est destiné en incluant la Banque africaine de développement».

 La responsable politique sud- africaine dira par ailleurs que «la paix dans certains continents nous échappe encore, ce qui nous pousse encore à coopérer plus étroitement, avec fermeté et avec conviction pour les pays qui en ont besoin». Le Sahara Occidental sera son exemple pour exprimer son ressentiment à propos «des conditions désastreuses du peuple sahraoui» tout en rappelant «son droit inaliénable à l'autodétermination et de décider de son statut de manière libre et démocratique».

 L'Afrique du Sud déclare, par la voix de sa ministre, «soutenir les efforts de l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU». Elle dénonce le fait que «le Maroc continue d'extraire le phosphate du Sahara Occidental» et fait part de ses préoccupations à propos des violations des droits de l'homme dans les territoires occupés. La ministre recommande à ce que le mandat de la Minurso soit élargi en incluant la question des droits de l'homme. Les changements climatiques ont aussi été cités à travers, dit l'hôte de Medelci, «des accords de Copenhague. «Nos deux pays feront de leur mieux pour contribuer dans ce domaine lors du sommet de Mexico et la réunion de l'Afrique du Sud en 2011».

 Elle appelle les deux pays à mettre en Å“uvre «des projets bénéfiques» dans le commerce, la défense, la technologie, la recherche nucléaire, l'énergie, l'agriculture et le sport.

 «26 accords ont été signés hier (lundi ndrl)», a-t-elle dit. «C'est un début d'un long chemin». Elle promet qu'il y aura «d'autres accords qui vont être signés à la fin des travaux de la commission». Les entreprises privées auront, selon elle, aussi des accords à signer demain (hier ndrl) «et à l'avenir». La ministre appelle «les hommes d'affaires à prendre des initiatives qui agiront très rapidement pour le développement du commerce entre les pays africains». Un commerce qui ne représente, dit-elle, «que 10% du commerce mondial».


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