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Alger Des dispensaires dépourvus de moyens



Alger Des dispensaires dépourvus de moyens
Mécontentement - Pour les malades, la grève des personnels de la santé ne change pas grand-chose. Ils estiment en effet que même en période normale, ils sont mal pris en charge.
On exige d'eux des seringues, du sparadrap et des compresses. Ils accusent les infirmiers de voler du matériel des structures de santé. Les paramédicaux rejettent les accusations et arguent qu'il y a souvent pénurie de médicaments ou de consommables dans les polycliniques.
Celles-ci sont, elles aussi, touchées par la grève des fonctionnaires de la santé. Les dispensaires sont presque vides. Les employés de ces établissements s'en prennent à leur tutelle qui leur livre uniquement des murs. «Nous accueillons des malades, et souvent pour les soigner nous leur demandons d'acheter les seringues pour les injections, le sparadrap et les compresses quand il s'agit de plaies ouvertes. J'ai été formé comme infirmier et lors de ma formation, on ne m'avait pas préparé à trouver des dispensaires dépourvus de moyens», nous dit un infirmier de la polyclinique de Baraki. Les quelques malades rencontrés dans cet établissement public de santé de proximité errent dans les longs couloirs. Les hommes et les femmes en blouse blanche auxquels ils s'adressent leur donnent tous la même réponse : «Nous sommes en grève, revenez quand le travail reprendra.» Cette femme qui a mal aux dents, est obligée d'aller dans un cabinet privé. «Pour arracher une dent, il faut débourser 600 DA. Ces grévistes sont des enfants issus du peuple comme nous. Pourquoi nous abandonnent-ils aujourd'hui '», nous dit cette dame qui habite à Bentalha. Ce monsieur venu pour une consultation, ne sera pas ausculté par un médecin. Les gardiens viennent de l'informer qu'il y a grève. «Je sais que les infirmiers sont en grève, mais moi, je veux voir un médecin pour des douleurs au ventre» répond-il. Quand on lui dit que «tout le monde est en grève», il réplique : ''Dans ce cas pourquoi ouvrez-vous le dispensaire ' Fermez-le, ainsi vous ne consommerez ni eau ni électricité. Les gens sont au chômage et ne trouvent pas quoi manger et vous qui avez la chance d'avoir un travail, vous vous permettez de faire grève''». La polyclinique de Oued Smar tourne, elle aussi, au ralenti en cette période de grève. Quand nous arrivons, nous entendons un homme hurler de douleur, mais nous ne parvenons pas à le situer. Il s'agit d'un maçon tombé d'un échafaudage de fortune, nous dit-on. «Il travaille avec nous dans un chantier de construction chez un privé. Notre ami est à l'intérieur et les médecins sont en train de le soigner», dit un homme portant un bleu de travail. Quelques instants plus tard, le malade quitte la salle de consultation avec une lettre d'orientation pour l'hôpital de Kouba. Malgré la fracture qu'il a à la jambe, il arrive à s'engouffrer dans la voiture conduite par un de ses accompagnateurs. Sinon, le reste des malades sont refoulés.
Les instructions du Syndicat
A Aïn Naâdja, la polyclinique de la placette semble vide. Contrairement aux autres établissements, les blouses blanches ne sont pas visibles. Un gardien qui fait grève lui aussi, nous explique : «Tout le monde fait grève. Les responsables syndicaux ne sont pas là, mais les autres sont dans les bureaux.» Un infirmier qui sort d'un box de consultation, refuse de nous parler. «Nous respectons les instructions de nos responsables syndicaux.» Les nombreux patients qui viennent dans cet établissement situé dans un quartier très peuplé, se plaignent, eux, de la durée de la grève. «Jeudi dernier, un médecin de cette polyclinique m'a prescrit 7 injections. J'en ai fait quatre et depuis, je dois me rendre dans un cabinet médical privé. Je paie 50 DA pour chaque injection, sans compter l'achat des seringues», s'indigne une dame qui se soigne pour une angine et souffre également d'un problème cardiaque. Les citoyens critiquent les employés qui, selon eux, ne font pas leur travail convenablement. «Ils viennent quelques heures par jour et ensuite ils se rendent dans les cliniques privées. Ils ne se fatiguent pas dans les dispensaires publics pour rester frais et travailler chez les privés qui les payent bien mais exigent plus d'efforts», dit une dame qui accompagne sa fille asthmatique pour des séances d'aérosol. Pis encore, elle affirme que les centres de santé reçoivent des matières pour les prothèses dentaires, mais elles sont volées et revendues aux cliniques privées. «C'est du n'importe quoi», lui répond l'infirmier qui a reçu des instructions de ses responsables syndicaux de ne pas parler à la presse.
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