Constat - La Casbah d'Alger, jadis une cité illustre de par son aspect architectural et son cachet particulièrement mauresque, se trouve actuellement non seulement dans un état de délabrement avancé mais dans un état d'abandon.
Une bonne partie des habitants de cette ville l'a quittée, fuyant le danger réel que ses ruelles représentent car des dizaines de demeures menacent réellement ruine. Rongées par plusieurs siècles d'existence, ses bâtisses semblent crier, à qui veut les entendre, leur détresse. Telles de vieilles personnes, les dizaines de «douirate» composant l'ancienne cité ottomane, courbent l'échine. Ces maisons qui étaient connues pour leur architecture un peu spéciale, suspendues et collées les unes contre les autres, semblent s'étreindre aujourd'hui à cause de leur vétusté. Elles se chevauchent pour laisser de petits passages où peuvent passer les quelques fidèles habitants de ces quartiers. Toutefois la décrépitude qui est une chose tout à fait inéluctable pour un bâti sur lequel pèsent plusieurs siècles, n'est pas l'unique problème affectant la Casbah d'Alger car il y a bon nombre d'autres problèmes qui ne manquent pas de causer du tort à ce patrimoine culturel national et international. A citer en premier lieu l'insalubrité et la présence des nids-de-poule qui sont là pour accueillir à bras ouverts, non sans une pointe de sympathie, les dizaines de visiteurs et nostalgiques de cette cité. Un vieil homme interrogé, en contrebas de la rue Porte-Neuve, regrette l'état d'abandon dans lequel se trouve ce quartier. «Les quartiers de la Casbah n'étaient pas comme cela, il y a juste quelques années. Les gens avaient un comportement plus civique», a-t-il soupiré. Toutefois, le véritable problème c'est ce nouveau phénomène qui a commencé à poindre au début des années 1990. Il s'agit de la construction sur les terrasses de ces immeubles vieux de plusieurs centaines d'années. Des constructions qui viennent les alourdir davantage. Crise du logement oblige, certains habitants ne tenant pas compte des règles de l'urbanisme, se lancent dans un réel concours de construction sur les terrasses des immeubles. Certains d'entre eux ne manquent pas de rentabiliser ces nouvelles pièces en les louant à des prix concurrentiels et en en tirant ainsi des dividendes. Toutefois, il y a lieu de signaler que ce genre de procédé présente un énorme danger pour la sécurité des citoyens notamment les habitants de ces immeubles. Ces derniers, pour rappel, qui ont été conçus, il y a bien longtemps, pour supporter le poids de deux étages au grand maximum. Il est notoirement connu en matière de génie civil que la résistance des matériaux et du coup des bâtisses diminue d'année en année. Ce qui fait que construire sur les toitures d'immeubles d'une telle vétusté est une entreprise quasi suicidaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amer H
Source : www.infosoir.com