Une année déjà oubliée
L?année actuelle tire à sa fin et celle consacrée à la culture arabe aussi. Mais que peut-on vraiment retenir de cet événement ? Aucun bilan, même périodique, n?est fait de cet événement, si ce n?est le satisfecit que s?est donné la ministre de la Culture, Khalida Toumi, restée seule en scène après le départ des deux commissaires qui furent désignés par elle. L?ouverture du festival a auguré d?un événement consacré aux seules apparences. Les quelques dizaines de festivals ou encore les dizaines d?avant-premières organisées au pas de charge n?ont pas fait découvrir aux Algérois leurs créateurs, loin s?en faut. Les événements de cette « année », qui se déroulaient à « huis clos » ou presque, font éloigner l?Algérien, que l?on prend pour un pauvre bougre n?appréciant jamais la chose culturelle, des spectacles. D?ailleurs, si l?on excepte quelques espaces réhabilités dans un style rococo et toujours ringards, des salles sont restées vides, car non réhabilitées. Il en est ainsi de la salle Ibn Khaldoun, gérée par l?Epic Arts et Culture, qui n?a reçu « son » théâtre de Verdure qu?en milieu de l?année. Les 12 000 places d?une salle de spectacles promises n?ont pu être réalisées. Tout ce que compte le monde arabe de créateurs de subversifs n?ont pas eu les faveurs des organisateurs. Seuls à pouvoir étaler leur génie, les thuriféraires. Le salon du livre auquel ne furent invités que des « copains » dont tous connaissent les mérites en est une preuve. Les Darwich, les Adonis et autre Aswany n?ont pas eu les faveurs des organisateurs, il y a selon ceux-ci mieux... ! « Quelque 400 à 500 titres ont été imprimés dont 200 nouveaux créés par des jeunes talents pour les jeunes lecteurs », s?est empressé de déclarer Lamine Bechichi, vite remercié par une ministre qui n?a pas apprécié ses « frasques ». Des 1001 ouvrages devant être publiés, quelques-uns seulement sortiront des maisons d?édition triées sur le volet. L?argent a fait tourner la tête à la muse des créateurs. Mais les pouvoirs publics, qui ont consacré plus de 550 milliards de centimes à cet événement, s?en soucient comme d?une guigne. Dans la bouche de tous ceux qui ont participé à l?événement reviendra le sujet de l?argent et autres ristournes « offerts » à celui-là et non à celui-ci. Le document qu?auraient mis en ligne des employés du département a jeté une lumière crue sur certaines pratiques. Celles-ci continueront d?exister et les gesticulations de quelques-uns, pas toujours sincères, n?y peuvent rien. Peut-on en une année faire évoluer les choses que tout le monde dénonce, même ceux qui y ont participé ? La réponse, négative assurément, fut donnée par les détracteurs de l?organisation ; celle que fera peut-être la ministre qui a crevé l?écran de l?Unique, chaîne dont elle est fière, on peut aisément l?imaginer. Les Syriens qui reprendront le témoin feront, assure-t-on, oublier un événement qui n?a de culturel que le nom.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Nadir Iddir
Source : www.elwatan.com