
« La loi de la jungle ». C'est en ces termes que certains habitants de la cité EPLF Béjaïa au niveau de Bab Ezzouar à l'est d'Alger, qualifient un phénomène qui a pris de l'ampleur ces dernières années dans leurs quartiers respectifs. En effet, depuis quelque temps, des «citoyens» habitant la même cité se sont arrogés, au mépris de la loi, le droit de fermer des espaces entiers pour les transformer en parkings pour garer leurs véhicules.Ces «espaces» qui appartiennent, du point de vue de la loi, à tous les habitants du quartier et à tous les citoyens algériens, sont fermés à l'aide de barreaux en fer. Il y a même des portails métalliques qui sont érigés, fermant l'accès aux automobilistes et dans certains cas aux piétons.En fait, ce qui se passe dans cette cité, située à proximité de toutes les institutions de l'Etat (sûreté de daïra, APC, siège de la daïra, etc.) reflète l'anarchie qui règne dans le pays où des gens décident en toute impunité de se partager des « territoires» qui appartiennent à toute la collectivité.Devant la «passivité» des autorités locales, notamment les responsables de l'Assemblée populaire communale de Bab Ezzouar, qui ont fermé les yeux sur ce dangereux phénomène qui tend à «ghettoïser» des quartiers entiers, la «gouvernance urbaine» s'éloigne chaque jour davantage pour laisser place à une sorte de loi du plus fort et où l'action publique demeure, semble-t-il, impuissante. «Un des enjeux de la gouvernance urbaine pour les pouvoirs publics est bien de parvenir à reconstruire l'unité sociale de la ville, une identité collective par le biais de politiques publiques produisant des appartenances. Il s'agit de parvenir à rétablir des cohérences sur un territoire. L'enjeu est social mais aussi économique. L'enjeu est d'exister en tant qu'acteur et la condition en est de posséder un projet fédérateur fort qui donnera une identité à la ville, qui cristallisera les énergies. Il s'agit alors d'envisager l'adaptation des formes et des méthodes de gouvernement des villes aux enjeux de la gouvernance urbaine », écrivait il y a quelques années un professeur en sociologie, à l'université de Bouzaréah, à Alger.Pour l'histoire, il faut rappeler que le premier conseil municipal d'Alger a été créé le 8 juillet 1830 dans le but de combler immédiatement le vide administratif d'une ville réputée policée. Ce conseil devait associer des notables et quelques «intrigants».L'importance qu'il y avait à mettre en place un pouvoir municipal à Alger dès 1830 correspondait au souci d'asseoir un nouveau pouvoir dans la ville par la suppression de l'ancien et instaurer un cadre de communication avec les populations.Près de deux siècles après, la capitale sombre peu à peu vers la déchéance. Le cas de Bab Ezzouar est symptomatique à l'état d'esprit de certains Algériens qui profitent de l'absence de l'autorité pour tirer vers le bas toute la société.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Z M
Source : www.lequotidien-oran.com