«La France doit reconnaître publiquement ses crimes coloniaux»
A quelques jours de la visite de Nicolas Sarkozy en Algérie, prévue les 3, 4 et 5 décembre, plusieurs personnalités algériennes et françaises lancent une pétition appelant à dépasser le contentieux historique algéro-français.
Les signataires, parmi lesquels figu-rent le président du FFS, Hocine Aït Ahmed, et l’ancien SG du FLN, Abdelhamid Mehri, ainsi que de nombreuses personnalités françaises, demandent «aux plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie». La pétition exige notamment une «reconnaissance nécessaire pour faire advenir une ère d’échanges et de dialogue entre les deux rives, et, au-delà, entre la France et les nations indépendantes issues de son ancien empire colonial». Selon les initiateurs de cette pétition adressée au président français, le passé colonial ne «cesse de resurgir», faisant obstacle à des relations apaisées entre la France et les pays qu’elle a, autrefois, colonisés. «Aujourd’hui encore, trop souvent, l’évocation de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) est soumise à la concurrence des victimes, avec leurs souffrances et leurs mémoires, alors que l’ensemble des citoyennes et citoyens des deux rives de la Méditerranée aspirent à passer à autre chose». Mais pour construire un avenir de partage, relève la pétition, «il faut, au présent, voir en face le passé. L’histoire apprend, au premier chef, que le système colonial, en contradiction avec les principes affichés par la République française, a entraîné des massacres de centaines de milliers d’Algériens; et qu’il les a dépossédés, «clochardisés» -pour reprendre le terme de Germaine Tillion- à une grande échelle, exclus de la citoyenneté, soumis au Code de l’indigénat, et sous éduqués, au déni des lois en vigueur».
La pétition note toutefois «qu’il y eut de multiples souffrances de Français, parfois déportés en Algérie pour raisons politiques ou embrigadés dans les guerres coloniales, ou encore pris dans un système dont ils sont devenus, à son effondrement, les victimes expiatoires -comme l’ont été les harkis, enrôlés dans un guêpier qu’ils ne maîtrisaient pas-, sans compter ceux qui ont soutenu l’indépendance algérienne et qui en ont payé le prix». Plus fondamentalement, dépasser le contentieux franco-algérien implique une décision politique qui ne peut relever du terme religieux de «repentance». Et des «excuses officielles» seraient dérisoires, ajoute la pétition qui indique que cela peut être accompli «non par des entreprises mémorielles unilatérales privilégiant une catégorie de victimes, mais par un travail historique rigoureux, conçu notamment en partenariat franco-algérien».
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com