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Aïssa Kadri sur les traces des enseignants en Algérie entre 1945 et 1975



Aïssa Kadri sur les traces des enseignants en Algérie entre 1945 et 1975
Cet ouvrage a été réalisé dans l'objectif d'analyser l'historique de l'imposition du système scolaire français en Algérie pour en restituer la mémoire et des expériences d'acteurs. « Le présent ouvrage va au fond de ces contradictions, dont les instituteurs et les enseignants ont été les figures emblématiques ». Selon Pr Kadri, la République a bien été en effet coloniale et beaucoup d'enseignants en ont été les instruments à leur insu ou conscients. D'autres, plus nombreux, confrontés au fait colonial, opposés aux effets les plus pervers et les plus déstructurant du capitalisme colonial, se sont confrontés au nom des principes mêmes fondateurs de la République, aux dénis de droits, à l'injustice, aux atteintes à la dignité humaine. Leur action en Algérie coloniale n'a de pendant que la discrétion de leur retrait ces dernières années face aux bruits et fureurs soulevés ici et là par un revivalisme des mémoires coloniales. Selon l'auteur, le livre est une forme d'analyse historique, des mémoires, et les expériences de ces enseignants illustrent leurs engagements ; aussi bien dans la situation coloniale où ils ont voulu pour certains, être des passerelles entre les communautés clivées, que dans l'Algérie indépendante où nombre d'entre eux ont participé à la socialisation de la jeunesse algérienne et soutenu la construction du jeune Etat nation algérien. A considérer le nombre d'étudiants « indigènes » qui sont passés par le système de l'enseignement secondaire et supérieur colonial, le taux d'analphabétisme relevé pour les années 1960 (85% de la population algérienne), ou même la part des élèves scolarisés dans le primaire sur celle des enfants en âge d'être scolarisés (moins de 10% en 54), le bilan scolaire colonial, a-t-il souligné, apparaît dérisoire, contrairement à ce que peuvent affirmer les thuriféraires de la colonisation positive. L'auteur souligne par ailleurs que l'histoire de la politique scolaire oloniale n'a jamais été ainsi ce lent mouvement de civilisation des populations locales, présents seulement par leur refus. « Elle apparaît plutôt comme un processus profondément contradictoire dont les déterminants sont à rechercher aussi bien chez les émetteurs que chez les récepteurs de cette politique », a-t-il écrit. Aissa Kadri est professeur émérite de sociologie à l'Université Paris 8. Il a publié de nombreux articles et ouvrages en sociologie de l'éducation, sociologie des intelligentsias au Maghreb et en immigration, en sociologie de l'immigration.


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