
Le Mali n'est que la dernière illustration de ce phénomène qui a pris de l'ampleur au début des années 2000.En 2009, l'exemple le plus emblématique, mais aussi le plus grossier, qui rivalise avec les histoires abracadabrantes de contrebande à la frontière américano-mexicaine, s'est déroulé près de la ville de Tarkint, non loin de Gao, au nord-est du Mali. C'est celui d'«Air Cocaïne», un Boeing 727 retrouvé incendié sur une piste de fortune en plein désert. Provenant du Venezuela, l'avion cargo s'était posé sans encombre, mais n'avait pas pu redécoller. Il avait donc été brûlé par les équipes au sol, venues dans une noria de 4Í—4, qui avaient bien entendu pris soin de vider l'aéronef de son précieux contenu : plusieurs tonnes de cocaïne. «Air Cocaïne» était une époque de gros transbordements, bien plus risqués. Aujourd'hui, les trafiquants morcèlent leurs «cargaisons». Cela évite également la publicité inhérente à ce genre d'affaires. Car un Boeing 727 crashé au milieu du désert, ça attire les curieux et les soupçons de connivence au plus haut niveau de l'Etat malien — ce que sous-entendaient très clairement plusieurs câbles de l'ambassade américaine à Bamako, révélés par Wikileaks. «On ne fait pas atterrir un Boeing dans le désert sans un minimum de complicités locales, affirme le chercheur Georges Berghezan, du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP). Des proches d'Amadou Toumani Touré (ATT), l'ancien président, étaient impliqués dans le trafic.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com