
Quand Amar Ghoul, fraîchement parvenu au ministère des Transports, avait promis des avions-taxis, ils devaient être nombreux les Algériens à vouloir lui demander pour quand il comptait leur assurer des? voitures-taxis ! Mais personne ne l'avait fait.Sans doute parce que l'idée des avions-taxis était trop farfelue pour être commentée avec autant de finesse, mais également parce que son bilan au ministère des Travaux publics et son projet emblématique ? l'autoroute Est-Ouest ? étant un exemple de réussite, personne ne prenait plus au sérieux ses déclarations.Cela fait donc un bail que les promesses de M. Ghoul sont «appréciées à leur juste valeur» pour reprendre une expression galvaudée. Et les choses étant au point où elles sont, personne n'attend plus de lui quelque cohérence dans le propos. Sinon ses états de service seraient beaucoup moins brillants que ce que l'on a connu de lui.Quand il est «revenu à la charge» il y a deux jours à l'occasion de la cérémonie d'ouverture de la session d'automne du Conseil de la nation sur ce qui se passe à Air Algérie, on ne pouvait donc pas espérer mieux : «L'inspection générale du ministère des Transports est chargée de diriger une enquête sur Air Algérie et établir un diagnostic profond et détaillé aux plans du management, des ressources humaines et des services. Elle relèvera les défaillances et déterminera les responsabilités à tous les niveaux.»Ils doivent être aussi nombreux, dans les travées de l'auguste institution parlementaire où il s'exprimait, à vouloir lui faire faire l'économie d'une telle «enquête». Le diagnostic est de notoriété publique, le management un exemple de performance, les ressources humaines recrutées sur la base d'une rigoureuse sélection des compétences et la qualité des services ravit tous les usagers de la compagnie.Quant aux défaillances, il est clair qu'il n'y en a pas. Déterminer les responsabilités «à tous les niveaux», il n'est même pas besoin d'en parler ! Car si Air Algérie avait besoin d'un audit sur son management, ses ressources humaines, ses services, ses défaillances et ses responsables, on n'aurait peut-être pas entendu le ministre des Transports clamer, le plus sérieusement du monde, quelques jours plus tôt : «Nous refusons tout dénigrement, pression et dénaturation de l'image d'Air Algérie ou une tentative de la détruire, car elle représente un acquis national !» Il est vrai que dans la foulée de cette intervention, il avait aussi déclaré que «dans le même temps, nous ne pouvons accepter la situation actuelle». Mais là, c'était juste un problème de? cohérence dans le propos. Et la cohérence?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com