Attente - Fadéla étouffe un juron en découvrant l'impressionnante file d'étudiants qui attendent de prendre possession du petit jeton en plastique qui leur permettrait d'accéder à la Bibliothèque universitaire (B.U.) de la faculté d'Alger.Elle jette un coup d''il agacé sur sa montre-bracelet sans trop savoir pourquoi. Elle n'est ni pressée ni dans l'attente de quelque rendez-vous. Il est 14h 10. C'est peut-être bon à savoir ; la prochaine fois qu'elle reviendrait à la B.U, elle éviterait cette tranche horaire qui avait tout l'air d'être une heure de pointe. Elle descend du perron où elle se tient et parcourt le chemin menant vers la sortie de la Fac centrale donnant sur la rue du 19-Mai. Soudain, elle s'immobilise. Et si elle demandait à une de ses connaissances de lui ramener le livre qu'elle avait l'intention de consulter '
A quelqu'un qui se trouve dans la chaîne. Elle rebrousse chemin et en moins d'une minute elle dévisage les étudiantes et les étudiants qu'elle voit pour la première fois. Incroyable ! D'habitude, il y a toujours dans ce genre de chaîne deux ou trois connaissances. Il y a comme ça dans la vie des jours où tout semble se liguer contre vous.
Elle redescend les escaliers et se trouve de nouveau à l'extérieur de la B.U. Tout en cheminant, elle tente de se convaincre qu'une de ses amies finirait bien par se manifester. Une de ses amies dont le travail à la B.U. était une sorte de rite dont elle s'acquittait quotidiennement. Et le meilleur moyen de guetter son hypothétique apparition était de s'asseoir sur l'un des nombreux bancs en béton qui jalonnent la Faculté centrale.
Elle jette son dévolu sur l'un d'eux et s'y installe.
La plupart des jeunes filles s'assoient sur ces bancs avec, très souvent, l'espoir qu'un beau prince les aborde et leur fasse la cour. Fadéla se souvient de ce détail mais n'y prête pas attention. L'essentiel est d'avoir autre chose en tête, même si la compagnie d'un bel homme n'est pas à dédaigner.
A 22 ans, il est peut-être plus que temps de penser à l'après-Université. Soudain, ses yeux s'arrêtent non pas sur une de ses connaissances mais sur un grand gaillard à la vue duquel elle frissonne. Lui aussi la fixe avec son regard noir. (A suivre...)
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tania Hamadi
Source : www.infosoir.com