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Aïn Kosni (Tiaret) : Les habitants des zones rurales réclament un meilleur cadre de vie



Un vendredi pas comme les autres dans le vaste territoire de la wilaya de Tiaret qui s'étend sur plus de 20 000 km2. Destination Aïn Kosni, dans la commune de Nadhora, à l'extrême est de la wilaya.Là où seuls les rares 4X4 et quelques véhicules utilitaires solides qu'une poignée d'habitants possèdent. Pour parvenir dans ce «no' man's land», 45 km plus loin de la commune mère, il fallait emprunter un chemin cahoteux, sinueux et traverser de petits oueds et le principal affluent, Oued Souslem que partagent plusieurs localités sur plusieurs kilomètres. 23 kilomètres de pistes sur un trajet de 35 kilomètres à parcourir en une heure trente minutes.
Un calvaire. Vendredi 5 février 2021 parmi le convoi, organisé sous la férule du mouvement associatif des membres du bureau de l'association Espoir d'aide aux enfants atteints d'IMC ou incapacité motrice cérébral, en amont, c'est une caravane dédiée à un bienfaiteur d'Alger qui s'est chargé de la collecte d'effets vestimentaires, couches, matelas orthopédiques, couvertures, couettes et denrées alimentaires. Un chemin très difficile et impossible à dompter si bien qu'il a fallu au nouveau bus scolaire qui ramenait les enfants du douar vers Nadhorade de tomber en panne au bout de 20 jours, nous fait savoir Lakhdar Hamada, 47 ans. Cet homme empli de colère nous montre son fils Othmane, 17 ans, qui ne va plus au collège, car, selon le maire de Nadhora, «le bus va être ramené aux ateliers de l'entreprise nationale à Alger».
On savait depuis des lustres que les habitants d'Ain Kosni ont beaucoup souffert des affres du terrorisme mais la situation sociale s'est exacerbée. Trois grands massacres perpétrés par les sanguinaires en 1997, en 2000 et en 2002 ont fini par vider le village de sa population. 6000 âmes qui y vivaient.
En 2005, et à la faveur de la nouvelle donne sociopolitique, Ain Kosni commençait à se repeupler. Les gens, bien que marqués dans leur chair et leur esprit, s'accrochèrent tant bien que mal, mais le désastre infrastructurel n'était pas un facteur de stabilité. Depuis, il y eut certes des plans de développement comme la réalisation d'habitations de type rural, un réseau d'assainissement pour lequel on a dépensé plus de 160 millions de dinars, amenée sur 14 km de l'électricité depuis Ain Zeboudj dans la commune de Rechaiga non sans couacs, l'implant d'un groupe scolaire, un centre de santé et même une antenne administrative. Des équipements publics sans âme car l'électricité n'est plus au programme. «En 2021, nous nous éclairons encore à la bougie», tonne Saad, un septuagénaire.
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