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AIN BENIAN, BAINEM...



AIN BENIAN, BAINEM...
Plusieurs quartiers à Alger ont renoué avec les violences. Si les augmentations des produits de consommation de base sont avancées comme étant la cause, les «manifestants», eux, ne brandissent aucun slogan, ni revendication.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Plusieurs incidents violents ont éclaté depuis lundi dernier à l'ouest d'Alger. Dans la même journée, la ville de Aà'n Benian a été secouée, à deux reprises, par des émeutes. Vers la mi-journée, des jeunes protestataires ont bloqué la route nationale reliant leur localité à Staouéli, à l'entrée ouest de la ville, avec des pneus incendiés et abandonnés sur place. Les mêmes scènes se sont produites en début de soirée dans l'une des routes principales de la ville. Cette fois-ci, c'est à proximité de la salle omnisports Hassen-Moutchou que des pneus ont été incendiés.Selon les témoignages des riverains et dans les deux cas, cette poignée de jeunes s'est éclipsée à l'arrivée de la police. Des jeunes «en colère» mais sans aucun slogan, ni revendication.Plus loin dans la commune de Hammamet, la cité du 18-Février, au lieudit Belvédère, a vécu un scénario similaire. Selon des témoins, les évènements ont commencé vers 20h 30 lorsque des jeunes ont fermé la route nationale, unique voie qui relie la région à Alger, avec des sacs-poubelles et des pneus en flammes.Sur les lieux, un abribus, dont les vitres ont éclaté en mille morceaux, et un poteau d'éclairage public entièrement arraché et tordu git sur le trottoir, témoignent de la brutalité des émeutes de la veille. Un quart d'heure plus tard, les unités antiémeutes étaient sur les lieux. Pour disperser les émeutiers et ouvrir la route à la circulation, les policiers ont dû user de la force. «Ils ont tiré sur les jeunes avec des balles en caoutchouc», s'indigne Sofiane, un jeune du quartier. D'ailleurs, poursuit-il, «l'une des balles a brisé le pare-brise de mon véhicule, garé à proximité des lieux de l'émeute».Selon lui, ces jeunes protestataires sont sortis dénoncer l'augmentation des prix des produits de large consommation. «Les prix des produits alimentaires ne cessent d'augmenter. Où va-t-on comme ça '», ajoute-t-il pour justifier les actes des jeunes émeutiers de son quartier.Des augmentations des prix des produits de consommation de base qui, néanmoins, ne justifient pas tout ce vandalisme et cette détérioration des abribus, poteaux d'éclairage, bancs et autres. A la moindre occasion, les protestataires se donnent le «droit» de casser et saccager les biens publics.L'intervention des policiers a été apparemment musclée puisque plusieurs jeunes affirment avoir été «agressés». «Je rentrais de la pêche quand les policiers m'ont frappé avec leurs matraques pour m'atteindre à la main avant que je ne prenne la fuite.Regardez ma main, elle est toute enflée et bleue», témoigne Amir, la vingtaine. Selon lui, même son ami, âgé de 18 ans, a été gratuitement violenté. «Il rentrait du cybercafé du quartier. Les policiers lui ont tiré dessus et l'ont atteint au bras», dit-il.Hier encore, les traces des émeutes étaient encore visibles sur les lieux. Ce n'est que vers midi et demi, qu'un camion-citerne de l'établissement public de wilaya d'Alger de nettoyage des déchets, Extranet, est passé à la cité du 18-Février de Hammamet pour laver le bitume et enlever toute trace des évènements de la veille.
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