Cette rencontre de cinq jours permettra d'assainir les rivalités et les différends qui minent l'Alliance depuis mai 2007, date à laquelle son fondateur, Brahim Ag Bahanga, a violé l'Accord d'Alger qu'il avait signé une année auparavant avec le gouvernement malien pour mettre fin à la rébellion touareg au nord du Mali.
Une situation qui met mal à l'aise l'Algérie, qui avait joué le rôle de facilitateur pour ramener la paix à sa frontière sud, mais aussi les partenaires économiques du Mali qui ont de tout temps appelé à une solution pacifique pour résoudre la crise dans cette région, frappée par la misère et la prolifération du trafic d'armes, de munitions, de drogue, de contrebande, mais surtout par l'implantation des réseaux salafistes armés affiliés à Al Qaîda. Profitant de la déconfiture dans laquelle se trouvait l'ADC, le gouvernement malien a lancé une offensive sans merci contre les quelques campements de rebelles, tuant bon nombre d'entre eux, ce qui a remis aux calendes grecques l'Accord d'Alger dont l'application aurait eu des répercussions positives, notamment en matière de prise en charge sécuritaire à travers la mise en place d'unités de sécurité mixtes et la réintégration des anciens rebelles dans les rangs de l'armée. Le durcissement de la réaction de Bamako n'a fait qu'aggraver la situation, transformant la région nord en un no m'ans land, où chacun parmi les notables des tribus arabes (brébiches), des officiels et des officiers trouvent leur compte en profitant de la manne financière engrangée par les trafics en tout genre.Le choix de cette région par le GSPC, qui en a fait sa base de repli et de logistique, n'est pas fortuit. Ni au Niger ni en Mauritanie le GSPC n'a trouvé autant de complicités et de passivité, au point où certains experts n'ont pas hésité à comparer la situation dans cette zone à celle qui prévaut au Waziristan où les terroristes ont pignon sur rue. Une évolution qui se fait malheureusement au détriment de la population locale, soumise à une misère des plus dures et à un sous-développement des plus criants. Cette réalité amère pousse l'Alliance à resserrer les rangs pour tirer la sonnette d'alarme et obliger les Etats, à commencer par le gouvernement malien, à intervenir le plus rapidement possible. En octobre 2009, Ag Bahanga, dans un appel lancé à partir de la Libye où il s'est réfugié, a exprimé son engagement à respecter l'Accord d'Alger, pour peu que le gouvernement malien mette en application les mesures qu'il comporte. La déclaration intervient à la veille d'un forum de réconciliation qui a regroupé à Kidal toutes les tribus du nord du Mali, à la fin du mois d'octobre 2009.Le forum a été appuyé par le gouvernement malien puisque de nombreux officiels ont pris part aux travaux qui ont duré trois jours. En novembre 2009, une délégation de l'Alliance s'est rendue à Alger pour s'entretenir avec les plus hauts responsables algériens. Il est question de demander à l'Algérie de peser de son poids pour faire respecter l'accord de juillet 2006. La même délégation a également entrepris une démarche identique avec d'autres partenaires du Mali, alors que l'idée de tenir une rencontre des cadres dirigeants de l'Alliance à Tamanrasset avant la fin de 2009, et une autre à Kidal durant le mois de janvier 2010, avait été retenue. L'ordre du jour de la première conférence est d'assainir les rivalités, de réunifier les rangs et de prendre un nouveau départ avec, probablement, un nouveau parti issu d'un congrès. « Il n'est plus question que notre région continue à servir les activités terroristes et les trafiquants en tout genre. Il y va non seulement de sa survie mais aussi de celle de toute la zone sahélo-saharienne. Il est temps que tout le monde prenne conscience du danger qui pèse sur nos pays. Si nous sommes incapables d'assurer la sécurité de la région, ça sera d'autres qui s'en chargeront », a déclaré le porte-parole de l'ADC, Ham Ag Sid Ahmed.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com