« Nous ne voulons pas de bases militaires en Algérie ni dans d'autres pays africains», a affirmé, hier, Mme Mary Carlin Yates, adjointe au commandant chargée des activités civiles et militaires (DCMA) au commandement des Etats-Unis en Afrique (Africom), lors d'une visioconférence organisée entre les ambassades US à Alger et Paris. Si la déclaration de l'ambassadrice Yates a l'avantage de la clarté sur la question des bases militaires en Afrique, l'opacité est, par contre, totale en ce qui concerne les missions de l'Africom, sa portée et ses éventuels démembrements. «Je suis très sensible et je respecte, a-t-elle dit au tout début de la visioconférence, la position algérienne refusant toute présence militaire sur son sol. Mais l'Africom n'a pas l'intention d'avoir une base militaire en Algérie». Tout en soulignant que l'Algérie n'est pas la seule à avoir cette position, Mme Yates précise qu'il y a d'autres pays d'Afrique qui ne voient pas d'un mauvais oeil une présence militaire sur le continent. Qu'est-ce que l'Africom ? Selon les explications de Mme Yates, l'Africom n'est que la concentration autour d'un seul commandement (seul responsable devant le Sénat) de plusieurs actions sécuritaires et humanitaires, gérées auparavant par d'autres commandements. Pour montrer que le volet militaire est très infime, elle précise que «sur les 9 milliards de dollars d'aides à l'Afrique, seuls 250 millions de dollars étaient consacrés aux dépenses militaires». Elle ajoute aussi que «les programmes de coopération militaire, notamment la formation, qui étaient effectués dans le cadre du commandement Europe, vont êtres gérés par l'Africom». En réponse à l'intervention de l'attaché militaire de l'ambassade du Niger qui estimait que toute présence militaire étrangère, française ou américaine, «c'est vraiment indécent pour l'Afrique», Mme Yates a expliqué que le commandement de l'Africom ne veut pas plus qu'une «coopération militaire et civile pour l'amélioration de la situation sécuritaire» avec les pays africains. «L'idée c'est d'aider les forces militaires à assurer la sécurité, ce qui contribuera à améliorer la situation économique», dit-elle également en réponse à l'intervention d'un député. «Arriver à la démocratie, c'est pas le but de l'Africom. C'est juste une coopération entre militaires pour lutter contre le terrorisme». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est la seule fois où la chargée des activités civiles et militaires au sein de l'Africom parle de «lutte contre le terrorisme». Pendant tout le temps, elle n'a parlé que de coopération et de formation. D'ailleurs, Mary Carlin Yates «dirige, en tant que DCMA, les projets et programmes du Commandement liés à la santé, l'aide humanitaire, l'action humanitaire contre les mines, la réponse aux catastrophes et la réforme du secteur de la sécurité», lit-on dans la fiche de présentation de l'ambassadrice. Bien étrange est cette idée de vouloir «renforcer les services de sécurité» pour «apporter le bien-être économique» sans avoir pour but d'arriver à la démocratie. Dans une précédente intervention, prononcée à l'occasion d'un autre événement, Mme Yates affirme que les Etats-Unis «n'ont pas l'intention de travailler avec les militaires des régimes répressifs». Des régimes répressifs ? Il ne doit pas en exister en Afrique, puisque l'Africom coopère avec la cinquantaine des pays du continent. Toutes ces questions n'ont pu être évoquées avec l'adjointe au commandant chargée des activités civiles et militaires au sein de l'Africom à cause d'un incident survenu hier à l'ambassade US. La rencontre a été écourtée suite à un dysfonctionnement (qu'on dit assez fréquent) du système d'alerte à l'incendie, ce qui a nécessité l'évacuation de l'ensemble des participants de la salle des conférences flambant neuf de l'ambassade, laissant un goût d'inachevé. Au retour dans la salle, au bout de 10 minutes, la connexion n'était plus possible car l'ambassadrice Yates devait s'exprimer sur le même sujet avec d'autres participants dans un autre pays.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Mehdi
Source : www.lequotidien-oran.com