Le président turc a entamé hier une visite en Algérie. Au-delà des aspects divers liés à son agenda notamment économique et culturel, cette visite officielle et de travail du chef de l'Etat de Turquie recontextualise fortement les relations de l'Algérie avec ses principaux pays partenaires. Elle rassure également sur l'attractivité, pas seulement politique, de l'Algérie.En fait, la présence en Algérie de Recep Tayyip Erdogan, avec une forte symbolique historique et culturelle à travers l'inauguration de la mosquée Ketchaoua d'Alger, n'en constitue pas moins un signal fort dans le renforcement de la relation plurielle entre Alger et Ankara. En particulier dans le domaine économique où l'Algérie compte profiter du dynamisme des entreprises turques, autant dans le secteur de l'habitat, de l'industrie, dont la sidérurgie, que de l'environnement et l'agriculture. L'apport du savoir-faire turc dans le secteur culturel et la restauration des édifices culturels est non négligeable également.
Les investisseurs turcs ont, depuis la dernière visite à Alger d'Erdogan, été accueillis avec des fleurs et ont vu les autorités algériennes leur dérouler le tapis rouge. Un bon point d'ailleurs pour la bonne santé de la relation entre Alger et Ankara, même si les deux pays ne partagent pas la même position sur nombre de questions internationales et de dossiers politiques régionaux. Et accorder leurs «violons» dans le dossier syrien, Alger ayant une vision du conflit différente de celle d'Ankara, un pays voisin de la Syrie qui a transgressé les lois internationales en allant mater la rébellion kurde dans la région d'Afrin. D'autant que l'Algérie sur ce dossier est presque alignée sur la position de Moscou et reste pour l'instauration d'un dialogue inclusif entre toutes les parties au conflit qui privilégient le dialogue, la concertation et l'intérêt du peuple syrien pour dénouer cette crise.
Un communiqué du ministère des Affaires étrangères ne fait d'ailleurs pas un grand mystère sur les discussions prévues sur la situation dans la région proche et moyen-orientale entre les deux chefs d'Etat. «Les entretiens qui se dérouleront entre les deux chefs d'Etat et les travaux entre les délégations des deux pays permettront à l'Algérie et à la Turquie de partager leurs analyses de la situation régionale et internationale, notamment au Moyen-Orient, au Maghreb et au Sahel». Il est clair que dans ses bagages, Erdogan a ramené également le dossier de la lutte contre le terrorisme et, à ce titre, il compte sur le soutien de l'Algérie dans sa guerre contre l'opposition kurde, notamment le PKK et les YPG de Syrie. Pour le reste, Ankara et Alger veulent franchir une étape nouvelle dans leurs relations, autant politique qu'économique et culturelle.
Ankara, selon les aveux d'Erdogan qui s'est confié à un quotidien algérien, veut une plus grande réciprocité d'Alger en matière de visas et de circulation des personnes et pousse pour qu'il y ait une zone de libre-échange entre les deux pays. Un v?u qui chiffonne l'Algérie, désormais frileuse vis-à-vis des ensembles économiques régionaux, car ayant peu d'atouts commerciaux, même si les avantages comparatifs offerts par la Turquie sont meilleurs que la Gzale et l'UE. A défaut, la Turquie va développer le tourisme de masse en direction des Algériens qui ont été plus de 200.000 à visiter ce pays en 2017.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com