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Affaire du Mouloudia d'Alger



Affaire du Mouloudia d'Alger
Le sport doit rapprocher les gens et les sociétés des pays de la planète, cela vaut plus qu'un match de football. Les clubs sportifs jouent-ils ce rôle ' C'est là une grande question à grand enjeu dans la vie et l'évolution de la société et de la jeunesse en particulier. Un support clé de civilisation et de progrès que les instances nationales sportives doivent inscrire à l'ordre du jour de l'ensemble des structures et des acteurs du secteur de la jeunesse et des sports à l'heure de la nouvelle loi sur le sport actuellement au niveau de l'APN. C'est donc à ce niveau qu'il faut situer un débat de fond extrêmement important qui mérite d'être abordé avec sérénité tant il se veut aborder un sujet de société hautement sensible pour la paix et la stabilité de notre pays.
Le sport vit difficilement sa mutation et est fortement exposé aux crises multiformes face à une gestion incohérente avec, pour résultat, les dérives du laisser-faire, de la crise financière et environnementale, du vandalisme, de la violence dans nos stades..., couronnées par le forfait du MC Alger de son match contre l'USM El-Harrach et l'affaire du boycott de la cérémonie protocolaire de remise des médailles par le staff dirigeant et les joueurs du MC Alger après leur défaite face à l'USMA lors de la finale de la 49è édition de la coupe d'Algérie de football disputée au stade du 5-Juillet le 1er mai 2013, un égrènement, rappelons-le, qui a été marqué par le Premier ministre, le ministre de la Jeunesse et des Sports et les responsables des instances sportives. Assurément, cette malheureuse affaire irréfléchie a jeté un pavé dans la mare et continue d'alimenter les discussions autour des sanctions prononcées par la Ligue nationale de football professionnel à l'encontre des personnes dénoncées, à savoir le responsable de la section football, l'entraîneur et deux joueurs. Il faut cependant rappeler à cette occasion que le MC Alger est considéré comme étant une société par actions (SPA) et jouissant de la personnalité juridique morale et d'autonomie pour fonctionner dans le respect des dispositions du code de commerce à travers ses organes prévus à cet effet dont, notamment, le conseil d'administration est attributaire des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société, l'assemblée générale des actionnaires, le contrat de performance liant le conseil d'administration et le staff dirigeant en matière d'objectifs et de pouvoirs de gestion pour agir en toute circonstance sur le plan disciplinaire en conformité avec le règlement intérieur et la convention collective de la société (le club) que confère la loi 90-11 régissant les relations de travail entre l'employeur et ses employés et, enfin, le commissariat aux comptes dans le cadre du contrôle légal de la société. Par conséquent, le club devient un sujet du droit des sociétés et autonome dans son fonctionnement, sa gestion et son développement. Maintenant que les sanctions sont prononcées on se pose vraiment deux questions sérieuses qui suscitent la curiosité au plan de l'équilibre des pouvoirs de gestion et de contrôle : - La première au sujet de ces sanctions disciplinaires : sont-elles dûment entérinées par les organes statutaires de la SSPA du club, à savoir le conseil d'administration et l'assemblée générale des actionnaires ' - La deuxième au sujet du rôle, de l'influence et de l'action des conseils d'administrations en matière de politique et de stratégies des clubs sportifs professionnels ' En revanche quelle que soit la teneur des sanctions infligées, force est de reconnaître dans la logique et le bon sens, la grande histoire du Mouloudia d'Alger, un fleuron du football national qui a de tout temps compté parmi l'élite nationale et qui est est reconnu comme l'un des plus prestigieux clubs de l'histoire du football algérien et continental avant et après l'indépendance où il a donné effectivement corps et âme à la fierté du pays en portant haut les couleurs nationales, en produisant de grands joueurs à l'équipe nationale et en remportant plusieurs titres et coupes à l'Algérie, marquant durablement l'esprit de tous les Algériens, Maghrébins et Africains à l'instar des grands clubs étrangers. Peut-on accepter qu'il soit aujourd'hui à la dérive et victime de cette grande histoire du football algérien ' Cela résume tout le malaise d'une gestion critique qui révèle une faille sérieuse en mal d'autonomie et de management qui pose un sérieux problème dont notamment nous n'avons pas travaillé sur l'instauration et le développement du professionnalisme au sein de nos clubs pour cerner justement cette réforme adaptée aux réalités qui cadrent avec les règles et les principes qu'offre la professionnalisation d'un club sportif, à savoir bâtir une économie du sport et, par conséquent, développer de grands clubs modernes à l'instar du Barça, du Real Madrid, de Manchester, de Liverpool, du Bayern Munich, de Chelsea, d'Arsenal... ' Devant cet état de faits, parler des clubs sportifs professionnels aujourd'hui, c'est inévitablement soulever en premier lieu les multiples entraves qui persistent et créent davantage des situations difficiles à notre sport roi, le football, dont le constat s'avère miné par la qualité et la crédibilité des dirigeants, la mauvaise gouvernance des clubs en conformité de leur statut actuel, l'absence d'une saine organisation managériale, notamment des structures et des hommes à valeur H (énergie, intelligence, compétence managériale, intégrité et forte personnalité), les financements occultes, le bizness, le pouvoir de l'argent, qui l'empêchent, en effet, d'atteindre ses objectifs tant attendus dont l'enjeu est énorme. Le football est le c'ur de la vie de la société et aussi le centre nerveux de la jeunesse, un support clé de stabilité sociale, de civilisation et de progrès. Cela dit, à notre humble avis, aucun résultat significatif ne semble être enregistré jusqu'à présent après l'instauration du professionnalisme en Algérie, lancé il y a un peu plus de trois ans dont nos clubs ne parviennent pas encore à embrasser les règles de l'organisation du droit des sociétés qui implique une assise de commercialité dans le processus de leur professionnalisation dont dépend leur nouveau statut qui repose désormais sur le droit privé (code du commerce et code civil) et organisés à ce titre en société par actions (SPA). L'argent public est le premier facteur de financement des clubs professionnels sans pour autant avoir développé de grands clubs et pu espérer pour autant produire de grands joueurs au moment où notre équipe nationale est composée dans sa majorité de joueurs évoluant à l'étranger. Avec en plus cette amère élimination de notre équipe nationale au premier tour de la CAN 2013. Malgré la volonté des pouvoirs publics de développer le football national en sachant d'un côté l'apport politique de l'Etat avec 32 clubs professionnels qui pèsent désormais lourd dans le budget de l'Etat dont d'importants moyens logistiques et des infrastructures, des subventions... et, de l'autre, l'apport économique et financier dont notamment la Sonatrach, les collectivités locales, les entreprises publiques, les sponsors privés... qui auraient permis à nos clubs de se hisser au niveau des grands clubs étrangers. Mais qu'offrent donc ces clubs en contrepartie ' Le football, c'est aussi l'économie Les pouvoirs publics seront dès lors contraints d'agir en amont et l'enjeu engage le devenir de l'équipe nationale auquel on se doit d'apporter des solutions durables à cette problématique de la promulgation du professionnalisme qui ne semble pas encore avancée et demeure confuse dans le modèle dit sport amateur dont notamment l'esprit et la culture du bénévolat persistant. Alors que le professionnalisme est un acte d'investissement et un instrument pour fructifier les finances pour donner l'assise d'ouverture économique afin de rendre nos clubs sportifs performants et rentables. C'est dire qu'il faut mettre fin une fois pour toutes à la persistance de l'amateurisme dans ces clubs en conformité de leur statut actuel qui, par conséquent, ne peuvent bénéficier de subventions publiques qui contrarient sérieusement les objectifs de l'instauration et le développement des valeurs de professionnalisme en Algérie. Il est grand temps de s'interroger sur la vie économique et financière des clubs sportifs professionnels, afin de parfaire leur gestion dans leurs mode et système d'organisation, de gestion, de financement, de contrôle interne, de rémunération, comptable et fiscal et, enfin, juridico-économique. Car ils sont comptables devant l'Etat, les contribuables et les actionnaires, voire la société civile. C'est dire que c'est l'heure des comptes et de la transparence. Là aussi on peut se demander comment éviter aux clubs le dépôt de bilan en cas de banqueroute (actif net négatif ou cessation de paiement) telle que cela est régi par le droit des sociétés. Cette situation illustre parfaitement un coup dur pour l'instauration du professionnalisme lorsque l'on sait que nos clubs professionnels continuent d'être totalement déconnectés des réalités du professionnalisme et de profiter de la clémence des pouvoirs publics, des clubs bien gâtés par des subventions publiques, et du rôle que doivent jouer les conseils d'administration dans les SSPA. Sans jamais, en effet, faire avancer cette importante réforme qui reste avec des enjeux majeurs, mais l'intérêt demeure à ce jour mineur. Si besoin est, le choix politique s'avère irréversible, cela ne peut être que le fruit de la concrétisation d'un partenariat sérieusement établi et organisé entre les pouvoirs publics et les clubs sportifs professionnels pour un projet d'insertion économique et sportif, source de création de valeurs ajoutées qui s'ajoute au PIB (produit intérieur brut). Il s'agit aussi pour nos clubs professionnels d'être en phase avec les règles universelles induites par la mondialisation pour assurer un développement harmonieux du professionnalisme en Algérie. (A suivre)
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